Il s’agit d’une question que les universitaires se posent depuis des années. Ils ne sont toutefois pas encore parvenus à se mettre d’accord sur une réponse définitive. Il s’agit pourtant d’un sujet important, car les vrais entrepreneurs sont, selon The Economist, ceux qui trouvent de la valeur à l’inutile et des possibilités dans l’impossible. INEOS est une entreprise qui se targue d’être entrepreneuriale, mais qu’est-ce que cela signifie exactement ?
L’entreprenariat coule dans les veines d’INEOS.
Il amène dans son sillage une réelle passion, une détermination, une innovation, une vision et une volonté d’agir rapidement.
Dans le monde actuel, où les entreprises doivent être capables de réagir rapidement pour être les premières à tirer parti de certaines opportunités, ces qualités sont plus importantes que jamais.
« L’entreprenariat, du moins chez INEOS, peut se résumer en quatre mots : vitesse, risque, dynamisme et amusement », explique Bill Reid, Directeur commercial chez INEOS O&P Europe (Nord). « La rapidité de réaction aux opportunités, la volonté de prendre des risques, un véritable dynamisme pour pousser l’entreprise vers l’avant, mais aussi de l’amusement dans un environnement où INEOS Capital nous confie très tôt d’importantes responsabilités. »
Selon Hans Casier, PDG d’INEOS Oxide, le Président d’INEOS, Jim Ratcliffe, a semé les graines qui ont permis de faire éclore un réel esprit d’entreprendre lorsqu’il a cofondé Inspec, une entreprise de produits chimiques spécialisés à marge élevée qui possédait une ancienne usine pétrochimique de BP à Anvers. C’est cette usine en Belgique que Jim a achetée et rebaptisée INEOS en 1998.
« Le tout premier jour chez Inspec, on nous a demandé si nous pouvions produire plus de glycol », explique Hans. « Nous avions une idée qui avait émergé des années auparavant mais que la société BP n’avait jamais mise en œuvre et elle ne s’intéressait pas à ce site. Jim nous a dit de nous lancer et de le faire, mais rapidement. Il avait une tout autre manière de faire fonctionner l’entreprise. Il avait une vision et des idées. Il ne voulait pas rester immobile. Il souhaitait l’améliorer et il était prêt à prendre des risques et à faire avancer l’entreprise. C’est cet esprit qui a été insufflé dans la société dès le premier jour. Grâce aux idées émises sur le site, nous avons pu produire 22 kt de glycol supplémentaire très rapidement. Ce n’était que le commencement. Le site d’Anvers, qui était proche de la fermeture sous la direction de BP, est à présent trois fois plus grand qu’à l’époque et ses activités sont florissantes. »
Selon Calum Maclean, PDG d’INEOS O&P Europe (Royaume-Uni), l’esprit d’entreprendre a toujours été présent chez INEOS et les encouragements représentent le premier atout pour capitaliser sur les talents des employés.
« Je pense que les vrais entrepreneurs ont ça dans le sang », explique-t-il.
« Mais ils peuvent développer un esprit d’entreprendre en montrant l’exemple, en encourageant ceux qui les entourent à adopter une approche différente, à réfléchir aux solutions et non aux problèmes, à sortir des sentiers battus. »
Selon lui, il existe des employés entrepreneurs au sein de chaque entreprise, mais leur potentiel est souvent limité par les règles à respecter et par la bureaucratie.
Vous ne trouverez pas ce cas de figure chez INEOS.
« Nous n’avons pas un grand siège social rempli de personnes qui gèrent tout à
distance », affirme Calum. « Les armées de personnes ou de comités que vous trouverez dans les autres sièges sociaux n’existent tout simplement pas chez INEOS. »
Pour Jim Ratcliffe, qui l’année dernière a été le premier Britannique à remporter le Petrochemical Heritage Award pour son approche visionnaire de l’industrie pétrochimique mondiale, la bureaucratie tue irrémédiablement la passion.
« Elle étouffe les business », insiste-t-il.
L’approche entrepreneuriale de Jim dans sa gestion de l’entreprise a au contraire permis de favoriser un environnement où l’on cherche des solutions innovantes tous les jours.
AVANT: Usine pétrochimique de BP à Anvers en Belgique, avant qu’INEOS achète le site
APRÈS: L’esprit entrepreneurial d’INEOS a entraîné un investissement massif dans le site d’Anvers,
qui est aujourd’hui trois fois plus grand que lorsqu’il appartenait à BP. Mais cette usine n’est pas unique. Cet esprit, ce dynamisme, cette vision se retrouvent au sein de tous les sites INEOS de par le monde
En bref, chez INEOS, on ne rêve pas, on agit.
Selon Peter Williams, PDG d’INEOS Technologies, avoir le courage de prendre des risques fait partie de l’esprit entrepreneurial. Sans cette volonté, il est facile de rater des opportunités. Ce qui compte, explique-t-il, c’est de comprendre les risques, afin de s’assurer que vos idées sont réfléchies, bien acceptées, puis bien exécutées.
Il convient toutefois d’engager tout d’abord les bonnes personnes. Des personnes qui partagent la philosophie d’INEOS.
Lorsqu’INEOS a acheté la filiale Innovene de BP en décembre 2005, elle a hérité d’une équipe de direction composée de douze personnes.
« Un an plus tard, un seul d’entre eux était toujours là », explique Calum. « Les autres sont partis parce qu’ils n’aimaient pas l’esprit entrepreneurial d’INEOS ou l’accent mis sur la prise de responsabilités, tandis que les couches hierarchiques étaient supprimées. Les gens doivent s’adapter à INEOS : ils adorent ou ils détestent »
Chez INEOS, l’esprit d’entreprendre commence dans les plus hautes sphères de la direction. Jim Ratcliffe est très clair quant à la signification de l’esprit d’entreprendre pour lui.
« Il s’agit tout d’abord de courage », affirme-t-il. « Vous devez avoir le courage de vos convictions. C’est facile de garder la tête baissée et de passer inaperçu, mais si vous voulez faire la différence, vous devez défendre ce en quoi vous croyez, sortir du bois et vous attendre à être abattu de temps en temps. Il faut être proactif et chercher activement le changement au lieu de devenir une victime des circonstances. »
On entend souvent l’expression « qui ne risque rien n’a rien », mais les entrepreneurs à succès savent qu’il est très facile de perdre de l’argent.
Les acquisitions sont un exemple classique : près de 90 % d’entre elles sont un échec.
« Ce ne fut pas le cas avec INEOS », précise Jim. « Mais il est crucial que les entrepreneurs soient très rigoureux dans leur analyse. On le remarque rapidement lorsque ce n’est pas le cas et je vois souvent de nouvelles idées ou projets d’accord s’effondrer rapidement lorsque nous les analysons au microscope et que nous les testons à fond. L’absence d’une analyse rigoureuse se traduit par des risques plus élevés. Le mot d’ordre est de penser à tous les « et si » dès le début et d’éprouver ces nouvelles idées autant que possible avec les informations disponibles. Il n’est pas possible de penser à tout et d’éliminer tous les risques, mais il est toujours possible de les réduire. »
Il ajoute que le choix de l’équipe est très important pour la réussite d’une organisation.
« Comme pour toute chose dans la vie, il faut disposer des bonnes personnes pour réussir, et ces personnes ont besoin d’une organisation qui les soutient et d’une approche entrepreneuriale avec une prise de responsabilités, sans entraves hierarchiques et avec la liberté de prendre des décisions essentielles », explique-t-il. « Cela convient à certaines personnes, mais pas à toutes. Les gens qui travaillent chez INEOS se comportent davantage comme des chefs d’entreprise que comme des employés et je pense que cette approche a contribué à l’émergence d’un réel esprit d’entreprendre. Nous voulons qu’ils réfléchissent au-delà de leur description de poste »
Les PDG qui gèrent les entreprises du Groupe INEOS comprennent les enjeux et savent pourquoi ils doivent eux aussi montrer l’exemple.
« Nous avons besoin de personnes prêtes à trouver des moyens créatifs de tirer parti des opportunités, de mettre en œuvre des idées et de faire évoluer positivement les entreprises de notre Groupe », affirme Ashley Reed, PDG d’INEOS Enterprises. « Il ne s’agit pas de progresser pas à pas, mais bien de prendre des décisions audacieuses qui changent totalement la donne et peuvent réellement faire la différence. »
Selon lui, pour les petites et moyennes entreprises gérées sous la tutelle d’INEOS Enterprises, ce type d’améliorations peut doubler l’EBITDA.
Nick Williamson, Business Develeppement Manager
à INEOS Phenol, explique que la culture d’INEOS lui
a permis de donner vie à des idées innovantes.
« Elles vont parfois à l’encontre de l’approche empreinte de sagesse du moment, mais INEOS vous laisse cette liberté », précise-t-il. « Bien sûr, vous devez ensuite réaliser ce changement.
Il ne suffit pas de rêver. »
Le regretté Peter Drucker, « l’homme qui a inventé le management » selon BusinessWeek, a passé une grande partie de sa vie à étudier l’être humain.
« Dans toute entreprise à succès, une personne a pris un jour une décision courageuse », affirmait-il.
INEOS en est un bon exemple. En 1998, de très gros risques ont été pris pour acheter à BP l’ancien site pétrochimique d’Inspec à Anvers et en 2005, un accord a été conclu et a permis à INEOS de devenir un acteur majeur de l’industrie chimique.
Selon Calum, la reprise de l’immense entreprise chimique Innovene de BP pour 9 milliards de dollars
a été conclue sans même visiter de nombreux sites.
« C’était une petite entreprise qui s’attaquait à un géant », explique-t-il. « L’entreprise chimique de BP était à l’époque trois fois plus grande qu’INEOS. Il faut beaucoup de courage et de talent pour prendre une telle initiative. »
BP avait prévu d’introduire l’entreprise en bourse de New York. INEOS est toutefois parvenue à convaincre la direction de la lui vendre.
Cette approche visionnaire, assortie d’une équipe de direction réduite qui peut prendre et qui prend des décisions importantes avec une incroyable rapidité,
a permis à INEOS de se distinguer.
« Les PDG sont chargés de gérer efficacement leurs propres entreprises, ce qui implique qu’ils aient une vision pour celles-ci », ajoute Calum. « Dans les autres sociétés, d’autres personnes le font pour vous et votre rôle est de faire fonctionner l’entreprise. Mais chez INEOS, chaque PDG est encouragé à inspirer sa propre équipe et à chercher activement de nouveaux moyens d’améliorer l’entreprise afin que nous puissions conserver une longueur d’avance. »
Larry Farrell, le président d’une société américaine d’envergure mondiale qui étudie les pratiques commerciales à haute croissance des meilleurs entrepreneurs du monde, affirme que les sociétés devraient lutter pour conserver leur esprit d’entreprendre.
« Sur les 100 entreprises américaines qui étaient les plus importantes et les plus riches il y a 100 ans, seules 16 sont toujours en activité aujourd’hui et il y a une raison à cela », explique-t-il. « À mesure qu’une entreprise progresse, elle s’enlise dans la gestion de ses activités au lieu de chercher à les développer. Une bureaucratie sans fin, des réunions et des rapports se multiplient sur tous les fronts. La croissance ralentit, des consultants exorbitants sont engagés, le déclin s’installe et sans le vouloir, vous êtes sur le point de fermer. »
Heureusement, le monde semble enfin prendre conscience du fait que l’économie mondiale a besoin d’entrepreneurs pour créer de l’emploi et de la richesse.
Le regretté Steve Jobs, le fondateur d’Apple, a dit un jour : « Beaucoup d’entreprises ont choisi de réduire leurs effectifs et peut-être que c’était la meilleure chose à faire pour elles. Nous avons choisi un chemin différent. Nous avons pensé que si nous continuions à proposer d’excellents produits à nos clients, ils continueraient à ouvrir leur portefeuille. »