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INEOS Energy

INEOS Energy
Issue 24 2023

INEOS a besoin d’énergie pour survivre.

Le monde entier en a besoin. Mais les deux dépendent encore du pétrole et du gaz pour fonctionner. Et les choses ne changeront pas tant que les gouvernements et les consommateurs ne disposeront pas d’une source d’énergie à la fois fiable, durable et bon marché.

« Les compagnies gazières et pétrolières peuvent soutenir la transition en fournissant des solutions alternatives, mais elles ne peuvent pas forcer les gens à acheter des voitures électriques ou à consommer moins d’énergie », a déclaré David Bucknall, PDG d’INEOS Energy et ancien directeur des divisions commerciales Pétrole et Énergies à faible empreinte carbone de BP.

INEOS, qui fabrique les produits chimiques essentiels à la conservation des aliments et de l’eau, ainsi qu’à la production de vêtements, médicaments, composants électroniques, voitures, avions, bâtiments, éoliennes et panneaux solaires, utilise du gaz et du pétrole depuis des décennies. L’entreprise s’en sert à la fois de carburants et de matières premières.

INEOS alimente aussi plusieurs de ses usines à l’énergie éolienne et à l’hydrogène, et elle a remplacé le gaz et le pétrole par de la pâte à papier et du plastique recyclé pour fabriquer certains produits.

« Si c'est faisable, nous le faisons déjà », ajoute-t-il. Cette transition est aussi l’une des raisons qui a motivé la création d’INEOS Energy. La nouvelle entreprise a été lancée pour refléter ce changement de direction.

« Il ne s’agit pas d’une façade destinée à séduire l’opinion publique », déclare Brian Gilvary, qui est devenu président d’INEOS Energy après avoir quitté BP.

« INEOS Energy est une nouvelle entreprise prometteuse qui intègre tous les actifs actuels d’INEOS Oil & Gas et mettra INEOS en position de force pour la transition énergétique qui se prépare. »

L’hydrogène et l’énergie renouvelable joueront tous deux un rôle déterminant dans cette transition.

INEOS prévoit d’ores et déjà de lancer des projets « d’hydrogène vert » (utilisant l’électrolyse et l’énergie renouvelable) en Norvège, en Allemagne, en Belgique ainsi qu’au Royaume-Uni, où se trouvera aussi le siège social de sa nouvelle division Hydrogène.

Mais selon INEOS, ce dont le secteur a vraiment besoin, c’est d’une plus grande certitude politique de la part du gouvernement.

« Si le cadre légal nécessaire aux investissements est en place, alors les investissements ont tendance à suivre », explique Brian Gilvary.

« L’Allemagne a déjà pris beaucoup d’avance. Elle propose les mesures d’incitation et les avantages fiscaux dont nous avons besoin pour créer ces investissements. »

Le gouvernement allemand a récemment octroyé 770 000 € à INEOS pour mener une étude de faisabilité sur son projet de construction et d'exploitation d’une nouvelle usine à hydrogène sur le site de Verbund à Cologne – initiative qui pourrait réduire les émissions de CO2 de plus de 100 000 tonnes par an.

« Cette décision de financement montre l’importance que l’État attache à notre projet », explique le Dr Stephan Müller, directeur de l’énergie commerciale d’INEOS à Cologne. « L’électrolyse de l'eau pour la production d’hydrogène vert est une composante incroyablement importante de notre ambitieux programme de développement durable, qui a pour objectif le net zéro d’ici 2045.

Ces plans ne représentent cependant qu’une fraction de l’ensemble des projets d’hydrogène vert d’INEOS en Europe, estimés à 2 milliards d'euros, comme annoncés en octobre 2022.

Le professeur Andreas Pinkwart, ancien ministre de l’Économie et de l’innovation, a qualifié le projet allemand de jalon important vers une industrie chimique à l’empreinte climatique neutre en Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

« À l’avenir, ce projet pourra non seulement approvisionner le Chempark de Cologne en hydrogène propre, mais aussi toute la chaîne logistique », affirme-t-il. « Ce type de projets holistiques est exactement ce dont nous avons besoin, si nous voulons réussir la transformation énergétique. »
Jusqu’en 2015, INEOS se consacrait exclusivementaux produits chimiques.

Mais en octobre de cette année-là, l’entreprise s’est aventurée en amont de la supply chain pour la toute première fois.

Elle a racheté tous les gisements de gaz du groupe DEA dans la mer du Nord, puis la part de 25 % que détenait Fairfield Energy Holdings Ltd dans la plateforme Clipper South. Quelques mois plus tard, INEOS rachetait l’intégralité des actifs gaziers et pétroliers de DONG Energy dans la mer du nord pour plus d’un milliard d’euros, acquisition suivie par l’achat du Forties Pipeline System, qui achemine près de 40 % du pétrole et du gaz utilisés en Grande-Bretagne jusqu’au pays.

Des acquisitions historiques, qui ont marqué le début d’une nouvelle aventure passionnante pour INEOS.

Mais l'acquisition des actifs de DONG Energy signifie aussi qu’INEOS Energy est aujourd’hui aux commandes de l’un des projets les plus prometteurs de notre génération.

Le projet de captage et stockage du carbone Greensand, mené au Danemark, a le potentiel de réduire efficacement et rapidement la quantité de CO2 émise dans l’atmosphère. En mars, sous l’égide d’INEOS, le projet Greensand a marqué une grande première mondiale, prouvant à tous que les technologies de captage et de stockage du carbone pouvaient vraiment fonctionner. Dans le cadre du projet, du dioxyde de carbone (CO2) de Belgique a été capté, transporté puis stocké sous les eaux danoises de la mer du Nord, dans un ancien réservoir à pétrole d’INEOS.

« Même si seule, cette technologie ne suffira pas, c’est un outil important dans la lutte contre le changement climatique », déclare David.

Il ajoute qu’INEOS reste bien déterminé à chercher des sources d’énergie alternatives plus propres.

Chacune des entreprises du groupe a développé une feuille de route, sous forme de plans d’investissement, pour atteindre le net zéro d’ici 2050, tout en restant rentable et en gardant une longueur d’avance sur les lois et réglementations qui évoluent constamment.

« D’après les feuilles de route développées à ce jour, nous parviendrons à une réduction de plus de 33 % en 2030, soit un tiers de la route que nous avons à faire jusqu’au net zéro », explique-t-il.

« Ce type de projets holistiques est exactement ce dont nous avons besoin, si nous voulons réussir la transformation énergétique »

– Professeur Andreas Pinkwart, ancien ministre de l’Économie

et de l’innovation, au sujet du projet de construction d’une nouvelle usine d’hydrogène INEOS sur le site de Verbund à Cologne Ces plans s’appuient aussi sur des investissements. Plus de 6 milliards € sont actuellement investis dans un large éventail de projets qui réduiront l’empreinte carbone d’INEOS, et ce grâce à l’immense potentiel d’un gaz naturel qu’INEOS produit déjà comme sous-produit depuis 100 ans. En tant que plus grand opérateur européen d’électrolyse – la technologie utilisée pour produire de l’hydrogène – INEOS occupe une position unique pour servir l’économie
de l’hydrogène.

Au Royaume-Uni, l’accent est mis sur l’hydrogène vert et bleu.

INEOS a aussi récemment financé HydrogenOne Capital, une société créée pour offrir aux investisseurs de nouvelles opportunités en hydrogène propre et en stockage d’énergie pour la transition énergétique.

En dépit des énormes progrès réalisés, INEOS pense que le gaz naturel continuera de jouer un rôle critique dans nos vies après 2050.

Et nous ne sommes pas les seuls à le penser.

Le Forum des pays exportateurs de gaz, une organisation gouvernementale internationale composée de 19 États membres, pense que la part du gaz naturel dans le mix énergétique mondial, qui s’élève aujourd’hui à un peu plus de 23 %, augmentera pour atteindre les 27 % en 2050 – hausse principalement liée à l’augmentation de la population mondiale qui, selon les estimations, comptera 2 milliards d’habitants de plus en 2050 (soit 9,7 milliards au total), ajoutant encore à la demande en énergie, nourriture et matériaux.

« Le gaz naturel dominera alors le mix énergétique mondial », a déclaré un porte-parole.

Le Forum affirme qu’en dépit des mesures de décarbonation « agressives » proposées par l’UE dans son paquet « Fit for 55 », le gaz naturel fait partie de l’avenir collectif.

Plus tôt cette année, la Commission européenne a également déclaré que le gaz naturel et l’énergie nucléaire avaient un rôle à jouer dans la transition vers un avenir axé
sur l’énergie renouvelable.

Selon Robert Bryce, auteur de A question of Power, « il était temps que les décideurs politiques d’Europe embrassent le réalisme énergétique. »