AUJOURD’HUI, les gouvernements du monde entier investissent du temps, de l’énergie et de l’argent dans l’hydrogène. Pour INEOS, c’est une excellente nouvelle. « Même si l’impulsion doit venir des professionnels du secteur, nous ne pouvons rien faire sans le soutien du gouvernement », explique Wouter Bleukx, directeur
de la division Hydrogène d’INEOS, comparant la situation aux débuts de l’énergie éolienne, qui avait bénéficié d’investissements importants de la part du gouvernement. « Nous avons besoin de la même chose pour l’hydrogène », déclare-t-il.
Les gouvernements norvégien, belge et allemand investissent déjà tous dans les projets d’hydrogène proposés par INEOS.
« Ces projets ne sont pas sans risques, car ils sont extrêmement coûteux, mais si nous les lançons, c'est parce que nous avons foi en l’avenir de l’hydrogène », ajoute-t-il. INEOS a récemment reçu une subvention de 770 000 € pour mener une étude de faisabilité et déterminer s’il était possible d’intégrer la production d’hydrogène vert au site O&P d’INEOS à Cologne en Allemagne, puis de faire convertir cet hydrogène en ammoniaque propre par INEOS Nitriles.
Produire de l’ammoniaque verte pourrait réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre de près de 1 % par an.
En avril 2023, le gouvernement norvégien a octroyé 1 million € à INEOS Inovyn pour lui permettre d’analyser la viabilité du projet Aquarius, visant à construire l’une des premières usines à hydrogène de Norvège, sur son site de fabrication chimique à Rafnes.
« Nous voulons soutenir ceux qui cherchent activement à développer de nouvelles technologies », explique Nils Kristian Nakstad d’Enova, une entreprise publique du ministère norvégien du Climat et de l’environnement. Selon Geir Tuft, PDG d’INEOS Inovyn, le projet Aquarius est un pilier important de la stratégie d’INEOS, qui souhaite ouvrir la voie en amorçant la production d’hydrogène à l’échelle industrielle.
De l’électricité zéro carbone sera utilisée pour produire de l’hydrogène propre par électrolyse de l’eau.
En marge de ces investissements gouvernementaux, INEOS a reçu un financement similaire en Belgique pour
un projet de recherche visant à déterminer s’il serait possible de mélanger du dioxyde de carbone capté et de l’hydrogène d’origine durable pour produire du méthanol, substance entrant dans la composition des médicaments, de la peinture, des pièces automobiles, des vêtements, et même du carburant. Si le consortium parvient à un accord, une usine capable de produire 8 000 tonnes de méthanol durable par an sera construite sur le site du complexe chimique d'INEOS Inovyn à Lillo. Jusqu’à présent, le gouvernement britannique s’est montré beaucoup moins proactif, mais Wouter a annoncé qu’INEOS Inovyn, qui produit et utilise de l’hydrogène à faible empreinte carbone depuis déjà plus de 100 ans au Royaume-Uni, poursuivait malgré tout son projet pour le site de Runcorn. L'entreprise fait actuellement construire une unité de compression pour booster la production d’hydrogène et approvisionner le réseau de transports britannique. L’unité permettra aussi de produire des piles à combustible à hydrogène stationnaires pour remplacer les générateurs diesel trop polluants.
INEOS Inovyn cherchera toutefois des financements externes pour l’électrolyseur que l’entreprise prévoit de construire. « Nous avons l’intention de demander une subvention au gouvernement, mais s’il ne nous l’accorde pas, il nous faudra chercher ailleurs », explique Wouter.
En déployant ces multiples projets d’hydrogène dans le monde entier, INEOS cherche avant tout à établir sa crédibilité. « Nous sommes déjà en train d’acquérir une grande expertise, beaucoup de connaissances, beaucoup de réseaux et beaucoup de partenaires », explique-t-il. « Mais nous avons besoin de créer une opération réellement fonctionnelle sur le terrain, avant de nous lancer dans une autre aventure majeure. »
INEOS est convaincu que l’hydrogène est l’avenir de l’énergie. Mais pour son équipe hydrogène, dont les effectifs ont récemment doublé, le plus difficile est de convaincre les gouvernements que l’objectif net zéro d’ici 2050 ne sera possible qu’avec l’hydrogène.
Et les ambitions d’INEOS ne s’arrêtent pas là.
Nous explorons déjà de nouvelles possibilités, notamment la construction d’un électrolyseur massif « à un endroit ensoleillé et exposé au vent », qui pourrait produire suffisamment d’hydrogène vert (et ses dérivés) à bas prix pour le transporter jusqu’au marché européen. INEOS veut être la figure de proue de la transition énergétique, et l’entreprise est prête à investir pour concrétiser cette vision.