TEMPS TROUBLÉS

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TEMPS TROUBLÉS

LE PRÉSIDENT D’INEOS S’EXPRIME TANDIS QUE L’INDUSTRIE MANUFACTURIÈRE DU ROYAUME-UNI TOMBE À SON NIVEAU LE PLUS BAS
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2016

La Grande-Bretagne était autrefois le poumon industriel du monde. Elle a ouvert la voie au commerce international, a établi des routes commerciales aux quatre coins du monde et a mené la révolution industrielle. Pendant plusieurs siècles, elle a été l’une des économies les plus importantes au monde. Alors, que s’est-il passé ?

POUR une nation ayant ouvert la voie à l’industrialisation et à la production de masse aux XVIIIe et XIXe siècles, la vérité est difficile à avaler.

Pour la toute première fois, la part de l’industrie manufacturière britannique dans l’économie du Royaume-Uni a chuté à 9,4 %, le taux le plus bas jamais enregistré.

Cela attriste profondément le fondateur et président d’INEOS, Jim Ratcliffe, qui a grandi dans le Nord industriel de l’Angleterre.

« Nous assistons à la mort lente de l’industrie manufacturière dans ce pays », a-t-il affirmé. « Nous avons perdu la moitié de nos usines de fabrication en une seule génération. »

Il y a vingt ans de cela, a-t-il ajouté, nous étions au même niveau que l’Allemagne, où l’industrie manufacturière est toujours puissante.

« Cette secousse sismique dans le secteur manufacturier britannique peut sembler être une secousse mineure à Londres qui regorge de services, et dans la plupart des comtés du sud, mais il s’agit d’une bombe à retardement dans de nombreux endroits du Nord de l’Angleterre, du Pays de Galles et de l’Écosse », a-t-il soutenu.

En octobre dernier, l’aciérie Redcar de Teesside a fermé définitivement, entraînant la perte de 2 200 emplois après que Sahaviriya Steel Industries UK, les propriétaires thaïlandais de l’usine, ait déposé le bilan. Dans le journal The Northern Echo, la députée travailliste Anna Turley a déclaré « C’est une tragédie humaine et industrielle ».

« La métallurgie a tiré sa révérence à Teesside », a déclaré un homme qui avait travaillé dans cette usine pendant 30 ans.

Dans les années soixante-dix, plus de 200 000 personnes travaillaient dans l’industrie de l’acier britannique. Aujourd’hui, le secteur en compte près de 30 000 mais leurs emplois ne sont pas sûrs.

En janvier, d’autres suppressions de postes ont été annoncées. Tata Steel a confirmé 750 suppressions d’emplois à Port Talbot au Pays de Galles et une épée de Damoclès plane au-dessus de centaines d’autres employés dans ses usines de Scunthorpe, de Trostre, de Corby et d’Hartlepool. Un flot d’importations chinoises bon marché (la production d’acier étant subventionnée en Chine), la fermeté de la livre britannique et un coût de l’énergie élevé au Royaume-Uni ont été montrés du doigt.

Quelle qu’en soit la raison, cette tendance est préoccupante.

« Si nous souhaitons mettre un terme au déclin de l’industrie manufacturière, ou même connaître de nouveau la croissance, nous devons donner des raisons aux entreprises d’investir en Grande-Bretagne», a affirmé Jim. « Nous avons besoin d’une énergie à prix compétitif, d’une main-d’oeuvre qualifiée, d’un environnement fiscal attractif et d’un gouvernement qui souhaite mettre en oeuvre cela. »

Il a ajouté que la Grande-Bretagne avait besoin de ce que les responsables de marketing appelaient les ACV, ou arguments clés de vente.

« L’Allemagne possède ces choses-là», a-t-il indiqué. « Elle dispose d’une main-d’oeuvre hautement qualifiée, se trouve au coeur de l’Europe et possède une remarquable infrastructure de fabrication et des fournisseurs compétents. L’Amérique possède de l’énergie bon marché grâce à son gaz de schiste, une main-d’oeuvre qualifiée et le plus grand marché au monde. La Chine a la croissance, une main-d’oeuvre bon marché et un immense marché. »

Ce n’est pas la première fois que Jim met en avant l’échec de la Grande-Bretagne à se vendre auprès d’investisseurs.

Il y a trois ans, il avait mis en garde contre le fait que la Grande-Bretagne n’était pas un pays attractif pour les fabricants. Lors d’une interview donnée à Alistair Osborne, rédacteur économique du Daily Telegraph, il avait mentionné le prix élevé de l’énergie. Ce qui est compréhensible, étant donné que l’usine d’INEOS à Runcorn, qui fournit du chlore à 95 % de l’eau britannique, consomme autant d’énergie que la ville de Liverpool.

Il a ajouté que le Royaume-Uni devait regarder ce qu’il avait à offrir s’il souhaitait comprendre pourquoi il était si lamentablement resté à la traîne derrière ses concurrents.

« Ce serait bien si on pouvait y répondre de manière simple et précise, mais ça n’est pas le cas », a-t-il indiqué. « Pour conserver ou développer l’industrie manufacturière, on a besoin d’un flux continu d’investissement étant donné que les usines et les produits vieillissent. Les nouvelles usines et les nouveaux produits nécessitent des investissements. »

La Grande-Bretagne, a-t-il soutenu, avait besoin d’énergie bon marché ou du moins, d’énergie à prix compétitif.

« Nous ne pouvons pas offrir cela à l’heure actuelle. Et, avec le gaz qui s’épuise dans la mer du Nord, il est probable que la situation empire », a-t-il indiqué. « Mais nous nous trouvons au-dessus d’immenses gisements de gaz de schiste qui pourraient tout changer. »

Au XVIIIe siècle, la Grande-Bretagne a bâti sa richesse sur ses réserves de charbon qui étaient abondantes et pouvaient être facilement extraites. Et cela a entraîné la révolution industrielle, dans laquelle la Grande-Bretagne occupait une place au tout premier rang.

Cependant, un accès à de l’énergie bon marché n’est pas la seule chose indispensable dans l’industrie manufacturière britannique d’aujourd’hui. Jim a également souligné la nécessité d’une main-d’oeuvre qualifiée.

« Nous avions auparavant d’excellents programmes d’apprentissage, établissements d’enseignement supérieur et écoles professionnelles spécialisées », a-t-il soutenu. « Mais le gouvernement a décidé que tous les jeunes devraient devenir des diplômés de l’enseignement supérieur. »

Cette inquiétude est partagée par de nombreuses personnes. Un récent sondage des fabricants britanniques, publié dans l’Annual Manufacturing Report (rapport annuel sur l’industrie manufacturière) de 2016, souligne que le manque de compétences reste leur plus grande crainte.

« Pour parler franchement, notre système éducatif ne remplit pas sa mission envers nos jeunes et crée, par conséquent, des problèmes pour l’industrie », a indiqué Callum Bentley, rédacteur en chef de The Manufacturer.

« Personne ne s’attend à ce qu’un jeune au teint frais ait les compétences et l’expérience d’un vétéran, mais le problème, c’est que les jeunes sont mal préparés pour entrer sur le marché du travail et que cela dure depuis des décennies », a-t-il ajouté. « Plus cela continuera dans la durée, plus cela compromettra notre compétitivité. Le manque de compréhension entre les écoles et les lieux de travail doit être corrigé, dans l’intérêt de notre secteur manufacturier et de nos employés. »

Jim a souligné qu’il avait été « ravi » d’entendre parler de la Northern Powerhouse, une initiative gouvernementale visant à corriger le déséquilibre économique entre le Nord et le Sud, et a décrit l’actuel gouvernement conservateur du Royaume-Uni comme le gouvernement le plus en faveur de l’industrie manufacturière depuis de nombreuses années.

Mais il a ajouté que pour changer réellement la donne, la Grande-Bretagne devait attirer des investisseurs.

« Les investisseurs peuvent se permettre d’être très ‘sélectifs’ dans le monde fortement concurrentiel d’aujourd’hui », a-t-il affirmé. « INEOS a choisi d’investir la plupart de son capital aux États-Unis. De nombreuses autres sociétés ont opté pour l’Extrême-Orient. » Jim a lancé un appel au gouvernement britannique pour qu’il offre des amortissements fiscalement autorisés à hauteur de 100 % pour les dépenses d’investissement manufacturier et un taux d’imposition à un chiffre pour l’industrie manufacturière.

« À l’ère de la mondialisation, les décisions en matière d’investissement sont toujours comparées et opposées à d’autres lieux à l’étranger. Le Royaume-Uni n’est actuellement pas ciblé par les investissements dans le secteur manufacturier car il manque d’Arguments Clés de Vente (ACV).»

À la fin de l’année dernière, ResPublica, un groupe de réflexion indépendant et apolitique basé à Westminster, a affirmé qu’une explosion des exportations était nécessaire pour redynamiser l’industrie manufacturière britannique et éloigner l’économie d’une « dangereuse dépendance à l’égard du secteur tertiaire ».

Le directeur Phillip Bond a déclaré que le fait que des étrangers achetaient des biens immobiliers britanniques avait entraîné une appréciation de la livre sterling, ce qui avait rendu les exportations plus compliquées pour les fabricants.

« Le récent effondrement de l’industrie de l’acier britannique a souligné le fait inquiétant que notre économie est bien trop tributaire des services et des financements extérieurs », a-t-il indiqué. « La croissance doit venir du secteur manufacturier, trop longtemps négligé, dont les exportations ont été frappées par une livre forte. La livre sterling a un rôle de premier plan à jouer pour aider les exportations et nous devons nous pencher sur le problème des taux de change défavorables pour les sociétés britanniques. »

Jim serait aussi de cet avis.

« Toute économie équilibrée doit refléter dans une certaine mesure la façon dont ses habitants dépensent l’argent qu’ils ont dans leurs poches.Si les habitants achètent « certaines choses » avec leur salaire, nous devons fabriquer « ces choses » dans notre économie domestique. Dans le cas contraire, nous devons faire venir tous les produits manufacturés depuis l’étranger et les payer dans des devises étrangères. »

LA GRANDE-BRETAGNE DOIT SE RÉINDUSTRIALISER

UN ANCIEN journaliste du Financial Times a déclaré que le président d’INEOS, Jim Ratcliffe, avait raison d’être préoccupé par la situation de l’industrie manufacturière au Royaume-Uni.

Peter Marsh a affirmé que l’industrie de l’acier comme l’industrie chimique avaient été confrontées à de graves problèmes.

« La désindustrialisation (la part décroissante de l’industrie manufacturière dans la production économique du Royaume-Uni) est allée assez loin », a-t-il souligné. « Si nous souhaitons mettre en place une croissance économique durable et améliorer le niveau de vie, la Grande-Bretagne doit se réindustrialiser. »

Mais M. Marsh, ancien rédacteur du FT spécialisé dans le secteur de l’industrie manufacturière, a indiqué que bien que la Grande-Bretagne ait perdu du terrain, elle restait toujours un grand fabricant de produits de niche, tels que les instruments d’analyse spécialisés, et d’articles non importables.

« Ça peut aller des produits alimentaires aux matelas et aux matériaux de construction », a-t-il précisé.

Selon les tout derniers chiffres des Nations Unies, la Grande-Bretagne est le 10e plus grand fabricant, et réalise près de 2 % des produits manufacturés du monde, alors qu’en 1895, elle produisait 18 % de l’ensemble des marchandises.

« La Grande-Bretagne n’est plus aussi importante qu’elle l’était, mais pour un pays représentant 1 pour cent de la population mondiale, elle joue quand même dans la cour des grands », a-t-il indiqué. « La Chine est partie d’une position modeste au cours des 20 dernières années et est désormais responsable de près de 20 % de l’ensemble des produits manufacturés. Mais elle possède aussi 20 % de la population mondiale. »

M. Marsh est maintenant un maître de conférences et l’auteur de The New Industrial Revolution: Consumers Globalization and the End of Mass Production (la nouvelle révolution industrielle : mondialisation de la consommation et la fin de la production de masse). Récemment, il a également créé un site web pour l’industrie manufacturière britannique. www.madeherenow.com

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UNE PREMIÈRE MONDIALE POUR INEOS

On se tourne vers ce qui se fait de mieux. L’Atlantique nord n’est pas un lieu adapté aux peureux. C’est un environnement potentiellement hostile pour tous les bateaux, sans parler de ceux qui transportent de l’éthane liquéfié. INEOS en était consciente et c’est la raison pour laquelle elle s’est tournée vers Evergas, un leader mondial en transport de gaz. En apparence, la mission d’INEOS était simple. Elle avait besoin d’un bateau en mesure de transporter d’énormes quantités de gaz éthane liquéfié à -90 °C sur plus de 1 600 kilomètres à travers un océan profond et froid, en proie à des icebergs, d’épais brouillards, des vagues de 15 mètres et de violentes tempêtes. Il fallait faire preuve de plus d’efficacité que jamais. La solution était tout sauf simple. Mais le résultat s’est traduit par le transporteur de gaz multiples le plus grand, le plus flexible et le plus respectueux de l’environnement jamais construit. « Il n’existe aucun autre navire de la sorte dans le monde », a affirmé Hans Weverbergh, directeur des opérations au sein de la compagnie maritime danoise Evergas. « Il n’existait aucun navire possédant de réservoirs pressurisés à même de transporter cette quantité d’éthane. C’était quelque chose qui n’avait jamais été réalisé auparavant. » Le gaz naturel liquéfié est transporté par bateau dans le monde entier depuis des décennies. Mais avec l’éthane, c’est une autre paire de manches. Jusque-là, il n’avait parcouru que de courtes distances à bord de petits navires. Traverser l’Atlantique demanderait de bien plus gros bateaux. D’autres sociétés pensaient que cela n’était tout simplement pas viable. Mais INEOS y a vu un débouché et avait un projet en tête pour le réaliser. « Ces navires sont vraiment uniques », a indiqué Steffen Jacobsen, PDG d’Evergas, qui travaille dans l’industrie des transports maritimes depuis 35 ans. « Personne n’a jamais tenté de transporter de l’éthane par bateau dans ces quantités et sur cette distance auparavant. Pour y parvenir, nous avons dû inventer des méthodes de travail totalement innovantes. » INEOS souhaitait que les navires « Dragon Ships » soient en mesure d’être alimentés par la cargaison qu’ils transportaient. Pour cela, elle s’adressa à la société finlandaise Wärtsilä, qui établit une nouvelle norme en matière de flexibilité du carburant. Elle conçut des moteurs bicarburant en mesure de passer sans heurt du gaz naturel liquéfié, à l’éthane, au gasoil ou au fuel lourd sans aucune perte de puissance. « C’était une avancée technologique », a déclaré Timo Koponen, vice-président des solutions en matière d’écoulement et de gaz chez Wärtsilä Marine Solutions. Si les moteurs d’INEOS fonctionnent à l’éthane, il y aura non seulement plus de place pour les cargaisons, mais les navires produiront également 25 % de CO2 et 99 % de dioxyde de soufre en moins, et répondront ainsi à la norme Tier III de l’Organisation maritime internationale. Chaque navire est également équipé de deux moteurs afin de veiller à ce que la cargaison parvienne à destination quoi qu’il arrive. Ces bateaux sont les plus grands de ce genre jamais conçus. En termes simples, chacun d’entre eux est aussi long que deux terrains de football et si l’on enlevait les citernes à cargaison, chaque navire pourrait accueillir 5 750 Mini Cooper. Les réservoirs sont situés dans la coque de chaque navire, et chacun d’entre eux peut contenir 11 piscines d’éthane liquéfié. HSVA, les spécialistes allemands en conception de coques, engagés pour optimiser l’efficacité de ces immenses navires, ont testé des modèles réduits des bateaux au sein d’environnements réalistes. Les deux premiers navires ont été construits dans une cale sèche à Qidong, près de Shanghai, par Sinopacific Offshore and Engineering, l’un des plus grands constructeurs de navires au monde. « SOE était l’une des rares sociétés à disposer des compétences et du matériel de construction nécessaires à la prise en charge de la fabrication de ces navires extrêmement complexes », a déclaré le PDG/Président Simon Liang. « Lorsque j’ai vu ces deux premiers navires nez à nez dans la cale, j’ai pensé : « ces gars savent ce qu’ils font », a affirmé Chad Stephens, vice-président directeur du développement de l’entreprise Range Resources, qui avait été invité à la cérémonie de baptême. Ce moment était également historique pour Evergas. « J’ai ressenti beaucoup de fierté pour toutes les personnes ayant participé depuis l’intérieur et l’extérieur à donner vie à ces navires », a indiqué Steffen. La cérémonie de baptême a marqué un autre tournant important du projet international d’INEOS d’une valeur de 2 milliards de dollars visant à acheminer du gaz de schiste depuis les États-Unis jusqu’à ses usines de fabrication en Norvège et en Écosse. INEOS est la première société au monde à avoir choisi de transporter de l’éthane dérivé de gaz de schiste par bateau depuis l’Amérique, où ce gaz a entraîné une renaissance de l’industrie manufacturière.

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DEBATE: A-T-ON BESOIN DE GAZ?

LA STRATÉGIE énergétique en Grande-Bretagne se fixe trois grands objectifs ; maintenir les activités, réduire les factures et passer à un futur à l’énergie propre. Nous devons répondre à la demande d’énergie du Royaume-Uni, en utilisant des sources d’énergie propre et à faibles émissions de CO2 si nous voulons continuer à combattre le changement climatique et à faire croître l’économie. Mais ce n’est pas quelque chose qui va se produire simplement du jour au lendemain. Notre transition vers un plus grand nombre de sources d’énergie renouvelable et à faibles émissions de CO2 va prendre du temps. Passer du charbon au gaz contribuerait grandement à réduire notre empreinte carbone, et constitue le « pont » dont nous avons besoin pour les nombreuses années à venir. Le groupe de pression contre la fracturation hydraulique semble penser qu’il existe un puits sans fond d’argent issu du règlement des factures permettant de financer la production d’énergie renouvelable. Ce n’est pas le cas, et même si ça l’était, nous aurions quand même besoin de gaz, pour nous garantir une source d’électricité lorsque le soleil ne brille pas ou que le vent ne souffle pas. Andrea Leadsom, Ministre de l’énergie et du changement climatique, Gouvernement britannique LA course au gaz de schiste est une mission perdue d’avance quand les énergies renouvelables peuvent fournir ce qui est nécessaire pour mettre en marche une révolution énergétique. Cela est particulièrement vrai pour les 1,3 milliards de personnes dans le monde qui sont privées de tout accès à l’électricité, et pour celles qui vivent « hors-réseau », qui ont besoin de technologies décentralisées et adaptées au niveau local, mais c’est également vrai pour les systèmes énergétiques dans les pays du Nord. Tout comme le nouveau charbon et la nouvelle énergie nucléaire, investir dans du gaz non conventionnel détourne l’attention des investissements dans l’énergie renouvelable dont on a cruellement besoin. Des recherches ont été effectuées aux États-Unis et ont indiqué qu’extraire du gaz de schiste par fracturation hydraulique pourrait avoir une empreinte totale de gaz à effet de serre plus élevée que le charbon. Mis à part les effets climatiques, l’extraction du gaz provoque de graves conflits environnementaux et sociaux dans le monde entier. L’exploitation de gazoducs et d’infrastructures entraîne des accaparements de terres et nous sommes convaincus qu’elle menace les ressources en eau et la biodiversité en de nombreux endroits. De plus, nous estimons que les risques de contamination de l’eau et de pollution de l’air dus à la fracturation hydraulique sont importants. Les Amis de la Terre International IL est indéniable qu’à long terme, nous devons passer à des technologies dont les émissions de CO2 sont aussi faibles que possible mais les outils prévus à cet effet (captage et stockage du CO2 et technologies des énergies renouvelables) ne sont actuellement pas prêts pour répondre à la demande mondiale d’énergie et les besoins en matière de lutte contre la pauvreté et certains de ces outils pourraient ne jamais être bon marché ou applicables. Le gaz de schiste peut, s’il est exploité et réglementé avec diligence et compétence, offrir une partie de la réduction nécessaire de CO2 tout en fournissant de l’énergie à un monde en croissance rapide mais limitant ses émissions de carbone. Professeur Peter Styles, géologue britannique et professeur de Géophysique appliquée et environnementale à l’université de Keele LES SOURCES d’énergies alternatives peuvent devenir un substitut satisfaisant des combustibles fossiles si nous mettons autant d’efforts et de génie dans cette tâche que nous l’avons fait en fabriquant la première bombe atomique. La solution de remplacement la plus satisfaisante serait la fusion de l’hydrogène mais ce quasi-miracle pourrait être au-delà de nos capacités. Nous pourrions découvrir que le vent, l’énergie solaire, la biomasse, etc., tous combinés les uns aux autres, pourraient suffire, mais il pourrait s’avérer que leur succès nécessite des efforts qui avaient débuté il y a une génération de cela. Le fait d’avouer que nous pourrions être capables de tout faire, y compris d’échouer, est essentielle à tout succès. Alfred W. Crosby, Professeur émérite d’Histoire, de géographie et d’études américaines à l’université du Texas AU COURS des quatre derniers mois, le gaz naturel, qui est plus propre que le charbon, a produit la plus grande part de l’électricité américaine. Mais certains, dont l’Agence américaine de la protection de l’environnement, estiment que le moment est maintenant venu de commencer à remplacer le gaz naturel par de l’énergie éolienne et solaire. Ces énergies renouvelables sont en train de se développer, mais à partir d’une base très restreinte, et uniquement grâce aux milliards de dollars subventionnés par les contribuables. L’énergie éolienne et solaire présentent d’autres inconvénients : le vent ne souffle pas toujours, tout comme le soleil ne brille pas sans cesse. Par conséquent, les énergies renouvelables ont besoin d’énergie d’appoint, issue en grande partie du gaz naturel. Au lieu de nous en remettre à des instructions des pouvoirs publics pour transformer notre secteur de l’énergie, laissons le marché s’en charger. Les immenses réserves de gaz naturel bon marché d’Amérique sont le fruit de l’innovation et de l’esprit d’entreprise. Cette façon américaine de résoudre les problèmes a créé une solution compétitive sur le marché pour nous aider à franchir le cap du coût et des émissions d’énergie qui sont actuellement à leur niveau le plus bas depuis 27 ans. Aucun autre pays n’a été en mesure de reproduire ce triomphe américain. Bien entendu, de nombreux défenseurs des énergies renouvelables souhaiteraient nous voir abandonner complètement les principes de l’économie de marché. Mais si nous faisions cela, non seulement nous ferions augmenter le prix de l’énergie, mais nous ralentirions en plus le rythme de l’innovation. Dr J Winston Porter, ancien administrateur adjoint au sein de l’EPA à Washington DC. Il est désormais un conseiller en énergie et en environnement, à Savannah, Géorgie, États-Unis PENDANT plus d’un an, le groupe de travail sur le gaz de schiste a étudié les impacts potentiels, qu’ils soient positifs ou négatifs, liés à la création d’une industrie du gaz de schiste au Royaume-Uni. En décembre, nous avons publié nos recommandations finales. Nous sommes convaincus que le gaz est nécessaire dans le cadre du bouquet énergétique britannique à court et moyen terme. Il n’est tout simplement pas possible de créer une industrie des énergies renouvelables en mesure de répondre à l’ensemble de nos besoins énergétiques à court terme. Le gaz représente une solution plus respectueuse de l’environnement que le charbon. Les effets négatifs du gaz de schiste sur le climat sont similaires à ceux du gaz conventionnel et inférieurs à ceux du GNL. La conclusion que nous avons tirée de l’ensemble des données scientifiques recueillies au cours de l’année précédente est claire. Les risques que présente le gaz de schiste pour l’environnement local ou la santé publique ne sont pas plus élevés que ceux qui sont associés à des industries comparables à condition, comme pour tous les travaux industriels, que les ouvriers suivent des règles de bonnes pratiques. Lord Chris Smith, Président, Groupe de travail sur le gaz de schiste pour le gouvernement britannique L’Agence internationale de l’énergie prévoit que les énergies renouvelables fourniront une part toujours plus grande de l’approvisionnement mondial en énergie, mais que les combustibles fossiles ne sont pas prêts de disparaître. Dans le principal cas de figure de notre rapport phare World Energy Outlook (perspectives énergétiques mondiales), la demande mondiale d’énergie augmentera de près d’un tiers d’ici 2040. Certes, les énergies renouvelables contribueront à cet élan, mais le gaz naturel y participera aussi : en fait, selon tous les cas de figure de l’OME, le gaz détiendra au moins un quart de la part de l’énergie mondiale en 2040. Le gaz de schiste a accéléré l’abandon du charbon pour la production d’électricité, et une exploitation plus poussée du gaz naturel, ainsi que des énergies renouvelables, est essentielle pour assurer un approvisionnement en énergie diversifié, sûr et durable dans les décennies à venir. Laszlo Varro, Économiste en chef, Agence internationale de l’énergie LES ESSAIS américains avec le gaz de schiste ont démontré que, avec des ressources adéquates et des efforts considérables en matière de forage, de grandes quantités de gaz naturel peuvent être produites. Toutefois, ils ont aussi démontré que la production a tendance à s’orienter sur le court terme (les puits s’épuisant rapidement), que les ressources varient grandement en qualité (seuls les « points idéaux » sont rentables), que les opérations de forage peuvent entraîner une pollution de l’eau et de l’air, et que les fuites de méthane suppriment tout effet bénéfique que le gaz de schiste a sur le climat par rapport au charbon. Au contraire, les ressources d’énergies renouvelables représentent l’avenir de l’énergie, avec une baisse des coûts et des impacts sur l’environnement bien moindres. Richard Heinberg, Professeur de classe exceptionnelle, Post Carbon Institute NOUS souhaitons être très clairs : les cellules solaires, les éoliennes et l’énergie de la biomasse plantée ne pourront jamais remplacer ne serait-ce qu’une petite partie des centrales nucléaires, des centrales thermiques classiques et des centrales hydroélectriques hautement fiables 24 heures par jour et 365 jours par an. Les affirmations prétendant le contraire sont très répandues, mais irresponsables. Nous vivons dans un monde limité en hydrocarbures, nous produisons trop de CO2, et des opportunités majeures en matière d’hydroélectricité ont été épuisées dans le monde entier. Tad W. Patzek, Président du Département du génie pétrolier et des géosystèmes à l’université du Texas d’Austin LE « Clean Power Plan » du Président Barack Obama est une disposition réglementaire élaborée par l’Agence de la protection de l’environnement afin de réduire les émissions de CO2 du secteur de l’énergie américain de 32 % par rapport au niveau de 2005. Étant donné que chaque État possède un bouquet énergétique unique, le Clean Power Plan fixe des objectifs de réduction propres à chaque État et offre la possibilité de les atteindre à travers des plans de conformité individuels. Quelle que soit la manière dont les États choisissent d’appliquer le plan, il est entendu que le gaz naturel est la solution la plus rentable pour atteindre nos objectifs d’énergie propre tout en garantissant une croissance économique continue. C’est la raison pour laquelle le gaz naturel continuera d’être un composant clé dans la méthode de production américaine d’énergie pour les années à venir. D’ailleurs, l’Agence d’information sur l’énergie a rapporté qu’en avril, les émissions de CO2 du secteur de l’énergie avaient atteint leur niveau le plus bas depuis 1988. Ce n’est pas un hasard si le mois d’avril a marqué, pour la première fois dans l’histoire, le moment où le gaz naturel a dépassé le charbon en s’imposant comme la source de carburant numéro un pour l’électricité. America’s National Gas Alliance

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BIENVENUE À BORD DES NAVIRES « DRAGON SHIPS »

Tandis que l’Intrepid d’INEOS, le plus grand transporteur de gaz multiples au monde, se glissait dans le port de Rafnes, en Norvège, un sentiment d’immense fierté flottait dans l’air. La vue de cet immense vaisseau, flanqué sur sa coquede 180 mètres du slogan « Shale Gas for Progress », amarré sans encombre était aussi époustouflante que la précieuse cargaison avec laquelle il avait traversé l’océan Atlantique sur 6 000 kilomètres. L’histoire s’écrivait sous nos yeux. Pour la toute première fois, de l’éthane issu de gaz de schiste américain avait été envoyé en Europe par bateau. Pour INEOS, la société qui a travaillé à la réalisation de ce projet, cela représentait l’aboutissement d’un investissement de 2 milliards de dollars. Pour David, la personne chargée de superviser le projet, voir le navire apparaître à l’horizon était un moment chargé d’émotion. « Les personnes étrangères à l’entreprise avaient soutenu que c’était impossible, mais à l’instant où l’Intrepid d’INEOS est apparu, tous les doutes se sont dissipés » a indiqué ce dernier. « C’était l’aboutissement de cinq années de travail acharné réalisé par un groupe incroyable de personnes provenant de sept pays différents. » Il a ajouté qu’il s’était senti incroyablement fier en voyant le navire entrer dans le fjord, escorté de deux remorqueurs qui pulvérisaient de l’eau à 50 mètres de hauteur depuis des canons, ce qui formait un arc-en-ciel au-dessus de la proue. « En s’approchant de nous, sa sirène a retenti, ce qui nous a donné la chair de poule », a-t-il déclaré. « À ce moment-là, je me rappelle avoir pensé : Nous avons réussi. » Le président et fondateur d’INEOS, Jim Ratcliffe, a affirmé que l’arrivée du navire, après 14 jours en mer, était un moment d’une importance stratégique tant pour INEOS que pour l’Europe. « Nous avons vu de quelle manière le gaz de schiste a redynamisé l’industrie manufacturière américaine et, pour la toute première fois, l’Europe peut également accéder à cette source essentielle d’énergie et de matière première », a-t-il indiqué. « L’industrie manufacturière européenne devient toujours moins compétitive et nous pensons que le gaz de schiste américain pourrait contribuer à inverser la tendance. » Avant d’ajouter : « Je suis extrêmement fier de tout le personnel ayant participé à cette aventure. J’estime qu’INEOS est l’une des rares sociétés au monde à avoir pu mener à bien ce projet en le couronnant de succès. » INEOS préparait cette journée depuis cinq ans. Les navires sont incroyablement complexes. Personne n’avait jamais construit de tels bateaux auparavant. Il s’agit des tout premiers navires à pouvoir transporter d’énormes quantités d’éthane sur des milliers de kilomètres à travers l’océan. Chaque navire porte un message inscrit sur sa coque : « Shale Gas for Manufacturing, Shale Gas For Chemicals, Shale Gas For Europe et Shale Gas for Progress ». (Gaz de schiste pour l’industrie, Gaz de schiste pour la chimie, Gaz de schiste pour l’Europe et Gaz de schiste pour le progrès). Avec pour thème commun le gaz de schiste, qui a entraîné la renaissance et la forte expansion de l’industrie manufacturière en Amérique. Pour le moment, quatre des huit navires de la classe des « Dragons » constituant la flotte d’INEOS ont été construits. Ensemble, ils transporteront 40 000 barils de gaz de schiste américain par jour, et tous les jours durant les 15 prochaines années, vers les deux sites pétrochimiques d’INEOS situés en Norvège et à Grangemouth en Écosse, au Royaume-Uni. D’ici 2020, INEOS espère pouvoir importer près de huit cargaisons par mois depuis les États-Unis en vue d’approvisionner ses infrastructures pétrochimiques européennes et une usine d’éthylène détenue par Exxon Mobil Corporation en Écosse. Lorsque les premières cargaisons d’éthane liquéfié, refroidi à -90 ºC, arriveront finalement à Grangemouth plus tard dans l’année, l’usine passera d’une activité déficitaire à une activité rentable du jour au lendemain. « Cela lui permettra de récupérer une place de premier ordre mondial dans les infrastructures pétrochimiques », a indiqué Jim. Les craqueurs de gaz d’INEOS situés en Norvège et en Écosse ont été tributaires, par le passé, du gaz en provenance de la mer du Nord mais ces réserves se sont amoindries. Le gaz des États-Unis complétera l’alimentation réduite en gaz provenant de la mer du Nord. Le réservoir de stockage d’éthane sur le site de Rafnes peut contenir 19 000 tonnes de gaz liquéfié, tandis que celui de Grangemouth est en mesure d’en stocker 33 000 tonnes.

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EVEREST. INEOS SUR LE TOIT DU MONDE

IL EST difficile de revenir sur terre après avoir été sur le toit du monde. Rhys Jones le sait par expérience : lui qui a conquis le plus haut sommet du monde, le mont Everest, le jour de son 20ème anniversaire. Il avait rêvé de ce moment pendant huit ans après avoir écouté une conversation alors qu’il était un scout de 12 ans. Dans un sens, sa mission était désormais accomplie et il ne souhaitait pas l’escalader de nouveau. « Une fois m’a suffi pour de nombreuses raisons », a-t-il avoué. « Mais à bien des égards, je crois que je ne suis jamais vraiment redescendu. Je peux revivre chaque instant de l’ascension à chaque fois que je ferme les yeux. C’est quelque chose que je n’oublierai jamais. » Il y a quelques années, Rhys, qui dirige désormais sa propre société d’expéditions de luxe avec son épouse Laura, a été approché en vue de mener une expédition dans la « zone de la mort » pour ensuite atteindre le sommet du mont Everest. « J’ai refusé car je ne pouvais pas mettreun prix sur cette expérience », a-t-il déclaré. « Il faut vraiment le vouloir pour endurer les épreuves et le danger, et je ne suis pas sûr qu’une rémunération suffirait à me convaincre. » Cependant, c’est bien une « rémunération » qui l’a conduit là en 2006. « Je ne sais pas ce qui m’a poussé à contacter INEOS à l’époque pour trouver un financement », a-t-il ajouté. « C’était juste le destin. Mais j’avais mis toutes les chances de mon côté en écrivant à des sponsors, dont Stannah Stairlifts qui m’a offert 100 £. » Il était sur le point de baisser les bras lorsque le président d’INEOS, Jim Ratcliffe, a accepté de rencontrer le jeune homme alors âgé de 19 ans. Après une réunion d’une heure, Rhys est sorti avec l’argent dont il avait besoin pour mener à bien l’expédition, et un drapeau INEOS à planter sur le sommet. « Je n’aurais pas pu le faire sans l’aide d’INEOS », a-t-il avoué. « C’était tout l’argent dont j’avais besoin mais ça représentait aussi bien plus pour moi. Le fait que Jim ait cru en moi a dopé ma confiance et c’est ce qui m’a poussé à continuer à avancer sur la montagne. Je me souviens très bien du moment où j’ai parcouru les derniers pas vers le sommet quelques mois plus tard, et la première pensée que j’ai eue, c’est que j’avais promis à Jim de prendre une photo du drapeau INEOS flottant au sommet. » Rhys est rentré au Royaume-Uni avec une confiance en lui et une farouche détermination. Mais il sentait qu’il lui manquait quelque chose. « J’en avais fait mon objectif depuis si longtemps que ne plus avoir ce but à atteindre me manquait », a-t-il indiqué. Il a commencé à donner régulièrement des discours lors de dîners et d’événements et à travailler avec les écoles. « J’ai trouvé cela important d’expliquer aux enfants que j’étais une personne tout à fait normale quand je me suis fixé ces objectifs », a-t-il précisé. « Je n’étais pas particulièrement ambitieux. Je faisais partie de ces 80 % d’élèves qui se rendent en classe, travaillent un minimum pour éviter d’avoir des problèmes, et rentrent de nouveau chez eux. J’étais très anonyme, et j’avais hâte que les week-ends arrivent pour pouvoir faire de l’escalade. Mais j’ai pu réaliser mes rêves car j’ai adopté la bonne approche. » Il s’est rappelé à quel point ses enseignants avaient été surpris lorsqu’il avait escaladé le Denali, le plus haut sommet d’Amérique du Nord, 12 mois après avoir passé son GCSE (certificat général d’études secondaires du premier cycle). « Dans l’un de mes vieux bulletins scolaires, on m’avait conseillé de travailler ma forme physique pour mieux profiter de mes cours d’EPS », a-t-il ajouté. « Pas étonnant qu’ils aient été surpris.» Il a également mené des expéditions pour des agences de voyages et des associations caritatives. « C’était amusant mais j’ai toujours eu l’impression de me mentir à moi-même en travaillant pour un intermédiaire », a-t-il indiqué. Il a donc laissé tomber et a monté sa première société RJ7 Expeditions dans un bureau de Dubaï au Moyen-Orient. Il est désormais de retour au Royaume-Uni pour diriger sa nouvelle entreprise Monix Adventures, spécialisée dans les parcours ouverts au public vers certains des endroits les plus difficiles d’accès au monde. Et pour ceux qui recherchent le frisson, son expérience n’a pas de prix. « J’ai traversé des moments difficiles lors de mes expéditions », a-t-il avoué. « Je suis tombé dans une crevasse au Groenland et je me suis cassé le bras. Mais nous affrontons tous des défis dans notre vie. Lorsque les choses sont pénibles, je me dis que rien ne dure éternellement, aussi brutal, compliqué, ou difficile que ça puisse sembler. » Quant au drapeau d’INEOS, qu’il a déplié lors des cinq minutes qu’il a passé sur le sommet de 8 850 mètres le 17 mai 2006, il espère qu’il se trouve dans un bureau INEOS quelque part dans le monde. « Qui sait, le voir pourrait pousser quelqu’un d’autre à suivre mes pas », a-t-il conclu.

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L’EXPERTISE REMONTE A LA SURFACE

INEOS Upstream pourrait être la société la plus récente d’INEOS. Mais les personnes dirigeant sa nouvelle entreprise d’énergie ne sont pas novices en matière de fracturation hydraulique. Ni sur terre, ni au large. Sur terre, INEOS collabore avec les trois Américains qui ont lancé l’exploitation du gaz de schiste aux États-Unis, laquelle a entraîné une renaissance du secteur manufacturier. Au large, la société s’est dotée d’une équipe qui pratique depuis des années des forages et des fracturations hydrauliques en toute sécurité à la recherche de gaz naturel. Tous sont convaincus qu’INEOS, avec son savoir-faire à la surface du sol, qui la voit manutentionner des gaz inflammables sur ses 65 sites de fabrication, peut devenir la première société du Royaume-Uni à extraire en toute sécurité les vastes réserves de gaz de schiste actuellement coincées dans des roches à des milliers de mètres sous terre, tout en modifiant, dans le même temps, l’image que le public a d’elle. « Nous pensons que nous pouvons offrir quelque chose d’unique à l’industrie naissante du gaz de schiste », a affirmé Tom Pickering, directeur de l’exploitation chez INEOS Shale qui a travaillé sur une plateforme pétrolière de la mer du Nord pendant des années. Doug Scott est le responsable du forage chez INEOS Breagh, une filiale d’INEOS Upstream. « Nous avons été l’un de ceux qui ont eu le plus recours à la fracturation hydraulique sur des gisements de gaz en grès peu perméable au sud de la mer du Nord au cours des quatre dernières années », a-t-il précisé. « Nous avons employé cette technique pour extraire le gaz plus rapidement et pour accéder à du gaz dont l’extraction aurait auparavant coûté trop cher. » Le gaz de schiste est identique au gaz de la mer du Nord. Ce sont tous deux des gaz naturels. La seule différence réside dans le fait que le gaz de la mer du Nord est extrait de grès situé à près de 3 km sous le fond marin, tandis que sur terre, INEOS l’extrairait à partir de schiste se trouvant jusqu’à 5 km de profondeur. Doug et son équipe avaient travaillé, jusqu’en octobre, pour le groupe DEA. Cela a changé lorsqu’INEOS a racheté la compagnie allemande pour plusieurs centaines de millions de dollars, tout en prenant la responsabilité d’assurer l’approvisionnement en gaz d’1 foyer sur 10 dans tout le Royaume-Uni. INEOS Breagh exploite quatre plateformes dans le sud de la mer du Nord et détient des intérêts dans 16 licences d’exploitation. La décision d’INEOS d’acheter, alors que tout le monde semblait vendre autour d’elle, a été perçue comme une initiative révolutionnaire dans le secteur de l’énergie. Là où d’autres voyaient des eaux troubles, causées par une hausse des coûts et une chute des bénéfices, INEOS a surfé sur la vague de l’opportunité. Cette occasion d’acquérir un savoir-faire immense, tout en améliorant la durée de vie et l’efficacité de ces plateformes sans faire de compromis sur la sécurité, était trop grande pour la laisser passer. Afin de contribuer au développement de l’entreprise, INEOS aura recours aux services de sa nouvelle équipe de géologues, de géophysiciens et d’experts en construction de puits qui travaille actuellement pour INEOS Breagh. La nouvelle équipe collabore harmonieusement avec le groupe INEOS car ils partagent tous deux la même philosophie. « La sécurité et l’efficacité sont primordiales à nos yeux », a affirmé Doug. « Les travaux de conception et de planification que nous avons réalisés avant de fracturer notre tout premier puits étaient déterminants pour le succès du projet et ne peuvent être sous-estimés. Le temps que l’on passe à tout faire correctement porte ses fruits lors de la phase opérationnelle. » Il a ajouté que les plans, ainsi que les provisions prévues au cas où quelque chose devait mal se passer, garantissaient le fait que l’équipe puisse gérer les incertitudes inhérentes aux opérations de forage et de fracturation hydraulique des puits. « Comme toujours lors de la phase opérationnelle, dans l’éventualité où l’avancement des travaux devait entrer en conflit avec la sécurité, cette dernière est toujours prioritaire », a-t-il précisé. Doug a ajouté que la sécurité et l’efficacité des opérations dépendaient des compétences de l’équipe et d’une communication efficace entre les ouvriers travaillant sur la tour de forage, le navire de forage et la plateforme. « C’est un point essentiel pour s’assurer que tout le monde fait ce qu’il est censé faire au bon moment », a-t-il expliqué. L’équipe d’INEOS Breagh a également l’habitude de chercher des moyens pour travailler plus efficacement et de nouvelles méthodes de travail. Chez INEOS Breagh, l’équipe a par exemple installé un filtre dans le puits pour empêcher l’agent de soutènement (principalement du sable) d’atteindre la surface lors de la production de gaz. Résultat : le puits fracturé a pu être exploité 12 mois avant qu’une autre solution technique n’ait été trouvée. « Les écrans en fond de trou étaient une première pour des puits fracturés sur le plateau continental britannique au sud de la mer du Nord », a précisé Doug. « Mais cette technologie simple a le potentiel d’offrir toutes sortes de possibilités à nos futures exploitations de gisements de gaz par fracturation hydraulique. » Et chez Clipper South, ils ont vendu du gaz épuré depuis le puits au lieu de le brûler. « Cela a également été une première pour nous », a admis Doug. « Cela a demandé énormément d’efforts et de collaboration au sein de l’organisation pour intégrer les systèmes de sécurité et de production, mais en faisant cela, nous avons non seulement capté près de 300 tonnes de CO2, mais nous avons aussi atteint un chiffre d’affaires de 4,3 millions de livres sterling grâce au gaz destiné à la vente. » Les plateformes, dont INEOS a hérité dans le cadre de l’accord, sont relativement neuves, bien gérées et commandées à distance. « Cela faisait partie du contrat », a déclaré Geir Tuft, PDG d’INEOS Breagh. Tandis qu’INEOS va plus loin dans le commerce de l’énergie, INEOS Shale espère pouvoir tirer de précieuses leçons de l’équipe travaillant chez INEOS Breagh. « Nous chercherons à tirer profit des liens de cette nouvelle famille dans tous les domaines en partageant nos ressources et expériences », a indiqué Geir. Depuis l’acquisition, il travaille sur un solide projet visant à améliorer l’efficacité de l’entreprise, notamment à la lumière de la chute du prix du pétrole et du gaz. Il y a trois ans, le pétrole se vendait à 110 $ le baril ; aujourd’hui, son prix n’atteint même pas les 40 $. « Nous devons pouvoir gérer des marges brutes d’autofinancement réduites afin de nous assurer que l’entreprise est dynamique, quelles que soient les conditions », a-t-il ajouté.  

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INEOS achète une usine sur la côte espagnole

INEOS a acheté une usine d’acide sulfurique dans l’un des centres logistiques les plus importants d’Europe. L’acquisition de l’usine de Bilbao, en Espagne, complète dans la chimie du soufre, l’entreprise qu’INEOS possède déjà à Runcorn au Royaume-Uni doublant sa capacité de production. L’acide sulfurique est l’un des composés de base les plus importants qui soient produits par l’industrie chimique. Il est utilisé pour fabriquer, littéralement, des centaines de composés dont presque tous les secteurs industriels ont besoin, y compris pour les engrais, les détergents, le traitement des eaux et les piles. « Autrefois, la consommation d’acide sulfurique était un indice permettant de mesurer le PIB d’un pays », a indiqué Ashley Reed, PDG d’INEOS Enterprises. « La demande était étroitement liée à la santé économique d’un pays. » C’est peut-être encore le cas aujourd’hui. L’année dernière, l’Espagne était la deuxième économie à plus forte croissance d’Europe, son PIB présentant une croissance de 3,2 %, et le Fonds monétaire international est convaincu que la reprise de l’Espagne va se poursuivre. « C’est une bonne nouvelle pour nous et cela devrait fournir un solide tremplin pour la croissance des ventes dans les marchés locaux », a précisé Ashley. L’usine espagnole, qui produit près de 340 000 tonnes d’acide sulfurique chaque année, est l’une des plus modernes en Europe et se trouve à proximité de la raffinerie de Bilbao qui fournit à l’usine la plupart de sa principale matière première, à savoir le soufre. « Le soufre est bien souvent un sous-produit indésirable dans la fabrication de produits de raffinage. C’est donc un moyen pour eux de s’en débarrasser », a indiqué Ashley. Près de 25 % du chiffre d’affaires de l’usine provient de la cogénération d’électricité qui est produite en brûlant du soufre dans l’air. Le prix de l’électricité en Espagne est l’un des plus élevés au monde et en vertu de la nouvelle législation espagnole visant à encourager la production d’énergie renouvelable, le gouvernement espagnol financera le coût de l’électricité pour l’usine sur les 25 prochaines années. « C’était l’une des raisons pour lesquelles INEOS s’intéressait à cette usine », a précisé Ashley. L’usine est stratégiquement située dans le port de Bilbao, ce qui en fait un lieu idéal pour exporter dans le monde entier. « Il n’y a aucun autre producteur d’acide sulfurique à moins de 400 km du port », a indiqué Ashley. « Et puisque les coûts de transport représentent une grande partie du prix de l’acide sulfurique, disposer du bon endroit est essentiel pour garantir le succès d’une entreprise de chimie du soufre. »

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INEOS décide de faire cavalier seul

UNE SOCIÉTÉ en collaboration entre INEOS et Solvay va prendre fin plus tard dans l’année, deux ans avant ce qui était prévu. Les deux sociétés ont accompli tant de choses depuis qu’elles avaient formé INOVYN en juillet 2015 que Solvay a accepté de laisser les commandes de l’entreprise d’une valeur de 3,5 milliards d’euros à INEOS. « Grâce à l’intégration rapide et efficace de ses équipes et avoirs, INOVYN est désormais un acteur fiable et durable dans le secteur des chlorures de vinyle », a déclaré Jean-Pierre Clamadieu, PDG de Solvay. La société belge Solvay avait depuis toujours eu l’intention de laisser la propriété exclusive de l’entreprise à INEOS mais cela avait été initialement prévu pour juillet 2018. Le président d’INEOS, Jim Ratcliffe, a affirmé qu’INEOS | n’était pas inquiète au sujet de ce départ prématuré. « Les entreprises de chlorures de vinyle sont le coeur des grandes entreprises pétrochimiques telles que la nôtre », a-t-il ajouté. « Et à travers ce projet d’acquisition, INOVYN aura un propriétaire dont la vision à long terme offrira de la stabilité à son activité et à ses employés.” La décision des deux sociétés de fusionner leurs entreprises de chlorures de vinyle en 2015 a créé une combinaison gagnante. Cela a permis à la société nouvellement nommée INOVYN de devenir l’un des trois plus grands producteurs de PVC au monde. Résultat : l’entreprise était bien placée pour s’adapter rapidement à l’évolution des marchés européens. INOVYN, dont le siège social se trouve à Londres, emploie 4 300 personnes sur 18 sites de fabrication répartis dans huit pays. La société fabrique chaque année 40 millions de tonnes de produits chimiques qui sont utilisés dans la quasi-totalité des domaines de la vie moderne, en assurant le logement, la bonne santé et la connexion des gens.

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UN ECLAIRAGE : INEOS CHERCHE À DÉCONSTRUIRE LES MYTHES SUR LE GAZ DE SCHISTE

INEOS est désormais l’une des sociétés les plus importantes dans l’industrie britannique du gaz de schiste. Mais elle sait qu’il n’y a rien de compliqué à être la plus importante. C’est autre chose d’être la meilleure et la plus digne de confiance. La confiance dans les grandes entreprises, les banques et les hommes politiques étant actuellement à son niveau le plus bas, il est donc important de regagner la confiance de la population. En avril de l’année dernière, INEOS Shale, qui possède désormais des licences du gouvernement pour explorer 400 000 hectares au Royaume-Uni pour la recherche de gaz de schiste, a démarré sa quête en vue de prouver aux communautés que ses intentions étaient honorables. « Nous visons le long terme », a indiqué le PDG Gary Haywood. « Le but n’est pas simplement de faire du profit. Nous souhaitons contribuer à mener une renaissance de l’industrie manufacturière en Grande-Bretagne et nous sommes convaincus qu’une industrie nationale du gaz de schiste peut y parvenir. » La société a déjà commencé à parler aux communautés en Écosse, où elle dispose de licences pour explorer des milliers d’hectares à proximité de son usine de fabrication de Grangemouth. Mais en attendant que l’Écosse lève son interdiction actuelle sur la fracturation hydraulique, et dans l’attente d’enquêtes supplémentaires, INEOS Shale s’est déplacée vers le sud, en Angleterre, où elle espère convaincre les habitants du Cheshire, Yorkshire, Derbyshire et des East Midlands des avantages qu’une industrie nationale du gaz de schiste pourrait apporter. « Nous comprenons que les gens de ces régions soient préoccupés », a indiqué Gary. « Et c’est en partie dû au fait qu’il existe de nombreux mythes sur l’extraction du gaz de schiste. Mais nous voulons montrer que cela peut être bien fait et en toute sécurité, et nous souhaitons rencontrer les gens des zones où nous détenons des licences. » Des expositions sont organisées pour permettre à la population locale de parler directement à la société INEOS, et de lui poser des questions, au sujet de ce qu’elle entend faire. INEOS Shale a également produit une série de films pour dissiper les craintes que les gens pourraient avoir. Ces derniers seront projetés lors des expositions qui accueilleront des experts chargés d’expliquer ce que cela signifie aux communautés auxquelles INEOS a promis 6 % des recettes issues du gaz de schiste en vue d’améliorer les infrastructures locales. Tandis qu’INCH partait en impression, INEOS planifiait des études approfondies de la roche en 2D et 3D dans chacun des comtés afin de vérifier la présence et l’accessibilité du gaz. Si les résultats de telles études sont prometteurs, la société cherchera à obtenir la permission de forer des puits verticaux de 180 m de haut afin de prélever des échantillons carottés de roche de 8 cm de largeur en vue d’accéder à la qualité et à la quantité du pétrole et du gaz dans le schiste. « En fait, c’est comme quand on enlève le trognon d’une pomme », a indiqué Tom Pickering, directeur des opérations d’INEOS Upstream. « Il s’agit d’une approche prudente, guidée par la science, mais il est essentiel que nous fassions bien les choses. » Une fois qu’INEOS disposera de toutes les données détaillées dont elle a besoin, une décision sera prise quant au caractère judicieux et sans risque sur le plan économique de fracturer le puits en utilisant 98 % d’eau, 1,5 % de sable et 0,5 % d’additifs, ce qui empêchera la formation de dépôts calcaires et stérilisera le puits. « Certaines personnes soutiennent que 600 produits chimiques toxiques sont utilisés dans la fracturation hydraulique, mais c’est tout simplement faux », a déclaré Tom. « La plupart des puits ont besoin de six à 12 produits chimiques. Tous les produits chimiques utilisés devront être décrits de manière transparente dans les demandes de délivrance de permis de construire et d’opérer. » INEOS Shale est consciente du fait que sa décision de poursuivre l’exploration du gaz de schiste l’a menée vers l’affrontement avec les écologistes qui soutiennent que la fracturation hydraulique est dangereuse, qu’elle provoque des tremblements de terre, empoisonne l’eau potable et affecte l’air que nous respirons. Mais l’entreprise n’a jamais fui face à une situation difficile, notamment lorsqu’elle estime qu’il existe des arguments de poids en faveur de l’économie et de l’environnement. « Une industrie nationale et florissante du gaz de schiste ne révolutionnera pas seulement l’industrie manufacturière en Grande-Bretagne, mais offrira aussi au Royaume-Uni une sécurité d’approvisionnement énergétique pour la première fois depuis de nombreuses années et créera des milliers d’emplois dans les régions qui ont été les plus durement touchées », a déclaré Gary. « Si nous pouvons faire cela et rassurer les gens sur le fait que l’industrie peut fonctionner sans causer de dommages à long terme à l’environnement ou à leur mode de vie, ce sera une situation gagnant-gagnant pour tous. » Le professeur Peter Styles, l’un des trois experts chargés en 2011 par le gouvernement britannique d’établir un rapport indépendant après que la fracturation hydraulique par une autre société avait provoqué de légères secousses dans le Lancashire, estime que l’avenir à long terme de la Grande-Bretagne repose sur les vastes réserves de gaz de schiste profondément enterrées dans le sol. « Je ne pense pas que les gens réalisent à quel point nous sommes vulnérables au Royaume-Uni », a-t-il ajouté. « Actuellement, près de 80 % du chauffage et de la cuisine domestiques britanniques sont alimentés par du gaz et nous en importons la moitié. Une partie de ce gaz provient de Norvège, ce qui est parfaitement acceptable, mais une grande partie est importée de Sibérie, qui s’est démontrée ne pas être la forme d’approvisionnement la plus sûre au fil des ans. » En janvier 2009, un conflit entre l’Ukraine et la Russie au sujet du prix du gaz naturel a entraîné une interruption totale de l’approvisionnement vers plusieurs pays européens. « Il ne nous restait plus que deux jours de réserves », a-t-il indiqué. « Et lorsqu’une telle situation se produit, les sociétés telles qu’INEOS ChlorVinyls de Runcorn, qui est le troisième plus grand utilisateur de gaz en Grande-Bretagne, sont mises à l’arrêt pour protéger les réserves nationales. » Mais INEOS n’utilise pas de gaz seulement pour chauffer et alimenter ses usines de fabrication.Le gaz est aussi une matière première indispensable qui sert à fabriquer des milliers de produits essentiels dont nous avons tous besoin au quotidien. Sans lui, pas de plastique, de médicaments, de bâtiments, de voitures, d’ordinateurs, de vêtements, ni d’écrans iPad. « On l’oublie souvent lors des débats enflammés portant sur les avantages liés à la poursuite de l’utilisation des combustibles fossiles», a indiqué Greet Van Eetvelde, Directrice INEOS des initiatives axées sur la technologie propre. « De nombreuses énergies renouvelables, telles que les composants importants des éoliennes et des panneaux solaires, ne peuvent pas non plus être produites sans gaz. Nous aurons toujours besoin de gaz pour produire des choses même lorsque nous serons passés à une énergie à faible émission de CO2. » INEOS Shale, qui détient plus de licences que toute autre société au Royaume-Uni, estime que la plupart des gens font preuve d’ouverture d’esprit à propos de l’exploitation du gaz de schiste. « C’est tout ce que nous demandons », a précisé Tom. « Nous ne faisons pas preuve de suffisance. Nous comprenons les inquiétudes des gens, mais de nombreuses choses qu’ils ont pu lire sur le gaz de schiste sont tout simplement fausses. Nous sommes heureux d’être remis en question si les gens pensent que nous avons tort. C’est compréhensible, ils souhaitent juste avoir plus d’informations. Et c’est ce que nous espérons leur fournir lors de ces réunions. » Le combat sera rude car les groupes contre la fracturation hydraulique se sont emparés des réseaux sociaux. Mais INEOS espère prouver que celui qui crie le plus fort, n’est pas forcément celui qui est le mieux informé. POURQUOI INEOS EST LA SOCIÉTÉ IDÉALE POUR EXTRAIRE DU GAZ DE SCHISTE AU ROYAUME-UNI PEU de sociétés sont dotées d’un aussi grand savoir-faire qu’INEOS. Outre ses compétences à la surface du sol, qui la voit manutentionner des gaz inflammables sur ses 65 sites de fabrication situés aux quatre coins du monde, la société dispose également d’un savoir-faire sous le sol. En novembre, INEOS a fait l’acquisition de plateformes gazières dans la mer du Nord et s’est dotée par la même occasion d’une équipe d’experts en forage qui fournissent déjà assez de gaz pour chauffer un foyer sur 10 au Royaume-Uni. INEOS emploie également l’équipe qui a lancé l’exploitation du gaz de schiste aux États-Unis avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur. Le président Jim Ratcliffe a déclaré qu’il ne comprenait pas pourquoi cela était encore si difficile de convaincre les gens que l’extraction de gaz de schiste était sans risques. « L’expérience du forage et de la fracturation hydraulique à la recherche de gaz de schiste est si abondante en Amérique du Nord qu’elle aurait dû dissiper toutes les inquiétudes et zones d’ombre », a-t-il ajouté. « En Amérique, ils ont désormais foré et fracturé plus d’un million de puits au cours des 10 dernières années et cela a fourni une immense quantité d’hydrocarbures. » DES ERREURS ont été commises aux débuts de l’exploitation du gaz de schiste en Amérique. La construction de puits défectueux avait entraîné une contamination de l’eau et les eaux usées en provenance des puits de pétrole fracturés stagnaient à l’intérieur de fosses ouvertes et non gainées. « Nous avons étudié tous ces cas pour veiller à ne pas reproduire les mêmes erreurs », a déclaré Tom Pickering, directeur de l’exploitation chez INEOS Shale. Certaines sociétés américaines n’avaient utilisé qu’une couche d’acier dans le puits. INEOS utilisera jusqu’à quatre couches d’acier cimentées les unes dans les autres. D’autres sociétés avaient réutilisé d’anciens puits. INEOS n’en utilisera que des nouveaux. Les eaux usées stagnaient dans des bassins ouverts. Les eaux usées d’INEOS seront enfermées dans des réservoirs de stockage à double paroi avant d’être recyclées. « Il est important de reconnaître que certains problèmes sont survenus, mais ces derniers se sont produits aux débuts de l’exploitation du gaz de schiste en Amérique et nous ne sommes pas en Amérique », a précisé Tom. « Nous sommes au Royaume-Uni, un pays où le régime réglementaire est l’un des plus stricts au monde. » Après avoir examiné les éléments d’appréciation disponibles, la Royal Society et la Royal Academy of Engineering ont conclu que le gaz de schiste pouvait être extrait en toute sécurité avec une réglementation adéquate. Extraire du gaz de schiste n’est pas sans risque et cela doit être fait avec soin, mais les risques sont maîtrisables et comparables à d’autres pratiques.

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POUR PLAYMOBIL, la solution d’INEOS est la meilleure

LE PLUS grand fabricant de jouets d’Allemagne, PLAYMOBIL, a pensé qu’INEOS pourrait l’aider et il avait raison. La société avait besoin d’un matériau résistant et flexible pour trois nouveaux personnages spéciaux; un dragon de glace, un robot rose transparent et un pirate. PLAYMOBIL savait ce dont INEOS était capable car ils travaillent ensemble depuis des années. Mais cette fois-ci, ils avaient besoin d’un matériau solide, facilement modelable et transparent. INEOS Styrolution, le leader mondial du secteur du styrène, a proposé du Zylar, l’un de ses produits chimiques spéciaux, et la compatibilité était parfaite. « Les exigences étaient élevées mais nous avons toujours eu pour objectif de trouver la bonne solution, quel que soit le client », a indiqué Julia Herzog, Responsable de la communication commerciale. Les personnages PLAYMOBIL ont fait leur première apparition en 1974. À l’époque, il n’y en avait que trois : un ouvrier du bâtiment en dossard rayé, un chevalier portant un heaume argenté et un Indien d’Amérique avec une plume dans les cheveux. Depuis, près de 4 000 modèles différents sont sortis des lignes de production à Malte et presque 3 milliards de personnages en plastique ont été créés. « Le Zylar devient de plus en plus un matériau de prédilection pour les jouets », a indiqué Peter Rath, Directeur de l’Élaboration de la politique commerciale, de la Distribution, de la Composition & Autres, INEOS Styrolution. « Sans le plastique, de nombreux jouets et toutes sortes d’équipements sportifs n’existeraient pas. » Il a indiqué qu’INEOS était honorée de travailler avec un fabricant de jouets aussi emblématique. Le Zylar est actuellement utilisé dans les dispositifs médicaux mais on peut le trouver également dans une multitude d’applications domestiques, dont les filtres à eau ou les réservoirs d’eau des machines à café.

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SUCCÈS MONSTRE

UNE CAMPAGNE mondiale pour faire bouger et courir les enfants s’est implantée de manière permanente en Amérique. La réaction face aux événements d’inauguration de GO Run For Fun au Texas l’année dernière a été si positive que l’organisation basée au Royaume-Uni a constitué une équipe spécialisée pour accueillir les courses aux États-Unis. Cette année, l’équipe américaine espère persuader 10 000 enfants issus de 17 écoles différentes de participer à l’une des 34 courses dans la région de Houston. « C’est notre objectif mais on pourrait facilement atteindre 20 000 participants cette année car la demande est présente », a déclaré Kathryn Shuler, Responsable des relations communautaires et des projets spéciaux chez INEOS Olefins & Polymers USA. « Mais il s’agit de notre première année officielle et nous devons veiller à pouvoir offrir le programme de grande qualité auquel tout le monde s’attend de la part de GO Run For Fun. » L’équipe américaine sera également chargée d’amener la campagne à Chicago, à proximité des sites d’INEOS Styrolution et Technologies. Près d’un lycéen sur cinq au Texas est désormais considéré comme étant en surpoids. Mais GO Run For Fun contribue déjà à régler le problème. Karla Klyng, la directrice adjointe de l’école primaire Alvin à Alvin, Texas, a déclaré à INEOS que 155 enfants, au lieu des 65 attendus, avaient participé à son club de course extrascolaire Mighty Milers après avoir pris part à un événement GO Run For Fun l’année d’avant. « Les enfants ont hâte de participer de nouveau à GO Run For Fun cette année », a-t-elle ajouté. La Fondation GO Run For Fun a été créée au Royaume-Uni par le président d’INEOS, Jim Ratcliffe, lui-même passionné de course à pied, qui souhaitait encourager les enfants à courir pour le plaisir, tout en retrouvant la forme. La ferveur a déjà réussi à gagner le Royaume-Uni et le continent européen où des milliers d’enfants ont participé à l’une des centaines de courses sur courte distance. Et maintenant, l’Amérique, qui est consciente d’avoir un problème de poids, suit ses traces. « Désormais, les fast-food mentionnent la teneur en calories des éléments de leurs menus, et le gouvernement se soucie du fait que les enfants doivent pratiquer 60 minutes d’exercice physique par jour », a indiqué Kathryn. Mais la nourriture n’est pas le seul problème à peser lourdement dans l’esprit des professeurs d’EPS aux États-Unis. « Selon eux, les jeux vidéo sont aussi une dangereuse distraction pour les enfants », a ajouté Kathryn. Mary Meyer, professeur d’EPS à l’école primaire Longfellow d’Alvin, au Texas, a déclaré à INEOS : « Les enfants sont si habitués à jouer aux jeux vidéo que lorsqu’ils sortent pour la récréation, ils se contentent de rester assis. Ils ne savent même plus courir et jouer.» Mais les équipes à l’origine de ce qui est devenu la plus grande initiative au monde de course pour enfants estiment que quand on veut, on peut. La campagne américaine a déjà conquis une armée de supporteurs charismatiques, dont le champion du 1000 mètres Bernard Lagat, le sprinter olympique Wallace Spearmon et l’astronaute Mario Runco qui a participé à trois missions dans l’espace pendant les années quatre-vingt-dix. L’année dernière, Wallace Spearmon, qui est actuellement le septième coureur le plus rapide au monde, a pris part à plusieurs événements GO Run For Fun au Texas. Il a raconté aux enfants comment il avait échoué deux fois dans sa tentative d’obtenir une place dans l’équipe d’athlétisme de son lycée. « C’est uniquement grâce aux encouragements de mon père que je me suis accroché à la course et que j’ai continué à m’entraîner », a-t-il confié. « Ça a été difficile, mais j’ai travaillé.» Il a fini par gagner sa place dans l’équipe olympique des États-Unis. Pour veiller au succès à long terme de la campagne américaine GO Run For Fun, cette dernière a également créé une fondation de bienfaisance. La principale initiative de la Fondation ICAN d’INEOS, une organisation bénévole pour la forme physique et la sensibilisation de la communauté, sera GO Run For Fun. Mais la Fondation s’appuiera également sur le tournoi de golf annuel organisé par les employés d’INEOS Olefins & Polymers USA pour collecter des fonds et accorder des subventions aux écoles pour qu’elles étendent l’enseignement des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques à leurs salles de classe. La Fondation Houston Marathon est déjà l’un de ses supporteurs officiels, aux côtés de l’équipe de foot féminine professionnelle de Houston, les Dash de Houston, qui a envoyé jusque là des ambassadrices charismatiques aux événements de ce printemps. « Nous pouvons ainsi montrer aux enfants que la course est non seulement une activité gratuite et amusante à elle seule, mais qu’elle fait aussi partie intégrante de nombreux sports formidables », a indiqué Kathryn. Un grand nombre de parents sont aussi enthousiastes à l’idée d’aider la campagne. « Malheureusement, certaines de nos écoles ciblesn’ont pas autant de parents volontaires que d’autres », a ajouté Kathryn. « Et un bon nombre d’entre elles se trouvent dans des zones où les parents ont plus d’un emploi pour joindre les deux bouts. Mais il est extrêmement important de faire comprendre à tous les parents qu’il faut promouvoir de bonnes habitudes sur le plan physique dans ces zones.» Pour aider à faire passer le message sur les bienfaits de la course et de l’exercice physique sur le corps et l’esprit, INEOS imprimera des dépliants d’information en anglais et en espagnol. Les événements prendront place dans 17 écoles primaires publiques dans les districts scolaires d’Alvin, de Clear Lake et de La Porte cette année, 9 jours de course ayant déjà eu lieu dans le district scolaire d’Alvin en avril dernier. Mais INEOS se tourne déjà vers l’avenir, et a à coeur d’attirer 15 000 enfants d’ici 2017 et 20 000 enfants d’ici 2018. Et avec une équipe aussi passionnée que la sienne, cela devrait être facilement réalisable. « Je suis enchanté de pouvoir contribuer à motiver des enfants à être plus actifs sur le plan physique », a déclaré Dennis Seith, PDG d’INEOS Olefins & Polymers USA. « Des enfants actifs et en bonne santé ont tendance à être plus engagés, et à mieux réussir à l’école », a-t-il ajouté. « Pratiquer des activités sportives leur enseigne également les valeurs du travail d’équipe, de la responsabilité, du fair-play et du dépassement de soi.» Bernard Lagat, ambassadeur de GO Run For Fun, est du même avis. « La course m’a offert la chance inouïe de voyager à travers le monde », a-t-il déclaré. « Mais cette campagne est plus qu’une simple course pour le plaisir. Elle enseigne aux enfants l’importance de vivre sainement.»  video

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THE $64,000 QUESTION

POUR un athée, le professeur Peter Atkins est très croyant. Cependant, sa foi ne réside pas en Dieu, mais en l’industrie chimique. Et en l’importante contribution qu’elle peut apporter au monde d’aujourd’hui et de demain. « Sans l’industrie chimique, le monde serait fade », a-t-il affirmé. « Nous vivrions dans des conditions dignes de l’âge de pierre, nous serions sous-alimentés, nous porterions des peaux, et nous n’aurions pas les nombreux appareils qui simplifient notre quotidien et nous divertissent. Nos vies seraient courtes et pénibles. » Le professeur de chimie retraité de l’université d’Oxford au Royaume-Uni souligne que la chimie est extrêmement importante pour nous tous. Le problème, c’est qu’elle est souvent mal perçue à tort. « La plupart des gens ne connaissent absolument rien à la façon dont les produits courants qu’ils utilisent sont fabriqués », a déclaré Lawrence D. Sloan, Président et PDG de la « Society of Chemical Manufacturers and Affiliates ». « Et ayant fait partie de l’industrie chimique durant toute ma vie professionnelle, je trouve cela extrêmement frustrant. » L’industrie pétrochimique transforme des matières premières telles que l’eau, le pétrole, le gaz naturel, l’air, les métaux et les minéraux en des produits de plus grande valeur dont les fabricants se servent ensuite pour produire, en substance, tous les produits que nous voulons, dont nous avons besoin et que nous utilisons au quotidien. Pour mettre les choses en contexte, plus de 96 % de tout ce qui est produit dans le monde est issu de produits chimiques. Mais une partie du problème pour l’industrie chimique est le fait que les gens ne la considère pas comme l’une des industries les plus importantes au monde, et c’est une image qui doit changer. « La façon dont cela peut être modifié reste la question cruciale « $64,000 question »», a ajouté Lawrence. « Notre organisation, ainsi que d’autres du même type, est confrontée à un défi majeur en matière de relations publiques visant à informer régulièrement nos élus pour qu’ils soient en mesure de plaider en faveur de l’industrie chimique et qu’ils comprennent l’impact décisif que notre industrie a sur la société. Car aucune autre industrie ne contribue autant que la nôtre au monde moderne. » Il a décrit l’industrie chimique comme un « héros méconnu ». « Bien trop de gens pensent que l’industrie ne contribue pas à la santé et au bien-être de ses employés ou de l’environnement », a-t-il ajouté. « Mais on ne peut pas imaginer que l’industrie souhaite se nuire uniquement pour tenter d’accroître ses marges bénéficiaires d’un ou de deux pour cent supplémentaires. » Lors du dîner annuel de l’Association de l’industrie chimique, le directeur de la communication d’INEOS, Tom Crotty, a déclaré aux délégués : « Si le gouvernement s’engage véritablement à soutenir une reprise de l’industrie manufacturière, il doit comprendre qu’une industrie chimique florissante est essentielle. » Car ce sont les produits et les technologies de l’industrie chimique qui sont utilisés pour tout produire, des peintures au plastique, du textile à la technologie, et des médicaments aux téléphones portables. Mais étant énergivore, cette industrie doit pouvoir accéder à des approvisionnements énergétiques à prix compétitif si elle souhaite survivre. Cela n’est pas un problème en Amérique, qui profite actuellement d’une renaissance de l’industrie manufacturière grâce aux réserves abondantes de gaz de schiste bon marché, lesquelles ont fait chuter le coût des matières premières dont ont besoin les fabricants. Mais ça en pose en Europe, où le coût de l’énergie est en train de s’envoler. Résultat : les fabricants ont du mal à être compétitifs sur les marchés mondiaux. Tom, qui est également président de la CIA, a expliqué que la Grande-Bretagne avait un besoin urgent de prendre des mesures à l’égard de ses ressources énergétiques si elle souhaitait bénéficier d’une industrie chimique britannique florissante. Lors d’un récent sondage sur l’industrie britannique du verre et du vitrage réalisé par Pilkingtons UK, la hausse du coût des matériaux, due au coût de l’énergie, s’est révélée être « le plus grand obstacle » auquel leurs entreprises sont actuellement confrontées. Et d’après les personnes interrogées, il s’agit également du plus grand défi à relever au cours des deux prochaines années. L’importance de l’industrie chimique, qui fournit des matières premières aux fabricants, ne doit donc pas être sous-estimée. Les deux industries sont inextricablement liées. Et c’est bien souvent de là que part l’innovation. « Les gens prennent pour acquis les incroyables découvertes scientifiques que continue de faire l’industrie chimique spécialisée pour contribuer à créer les appareils électroniques, les médicaments salvateurs et les maisons intelligentes que nous apprécions et dont nous dépendons », a indiqué Lawrence. INEOS, qui emploie 17 000 personnes sur 65 sites répartis dans 16 pays, est fière de ce qu’elle entreprend pour simplifier la vie des gens et la rendre plus agréable. Elle fabrique à elle seule : Des solvants qui sont utilisés dans la production d’insuline et d’antibiotiques. Des biocarburants efficients et efficaces pour améliorer la durabilité des transports modernes. Du chlore pour purifier l’eau potable. Du pétrole synthétique contribuant à réduire les émissions de CO2. Du plastique moderne, résistant mais léger pour conditionner, protéger et conserver la nourriture et les boissons. Des matériaux pour isoler les maisons, bureaux, câbles électriques et de télécommunication. Des produits qui ont aidé les constructeurs automobiles à rendre leurs voitures plus solides et légères et plus écoénergétiques, ce qui a à son tour contribué à réduire les émissions de CO2. La liste est longue, tout comme le travail effectué dans les coulisses afin de chercher des solutions innovantes à de nombreux défis auxquels est confrontée la société de nos jours. « Les produits et technologies chimiques sont utilisés dans la quasi-totalité des domaines de l’économie mondiale », a déclaré un porte-parole de l’International Congress and Convention Association (ICCA), représentant mondial de l’industrie chimique. « Et avec la croissance de l’économie mondiale, la demande de produits issus de l’industrie chimique va augmenter. Cette croissance sert de moteur à l’innovation en matière de matériaux, et l’industrie crée de nouveaux produits tous les ans tout en s’efforçant d’améliorer ses procédés de fabrication et d’utiliser les ressources de manière plus efficace. » En 2014, l’American Chemistry a investi 59 milliards de dollars dans la recherche et le développement, l’équivalent de plus de 185 dollars par personne aux États-Unis. « Nous investissons plus dans l’innovation que les industries électronique, automobile et médicale », a déclaré Cal Dooley, PDG et Président du Conseil américain de l’industrie de la chimie. « L’industrie de la chimie excelle dans son apport continu d’idées nouvelles, imaginatives et innovantes sur le marché, et cela n’est pas prêt de s’arrêter demain. » Le Conseil américain de l’industrie de la chimie indique toutefois que pour que son industrie chimique puisse poursuivre son travail révolutionnaire, les États-Unis doivent également adopter une stratégie énergétique tirant profit de leurs ressources énergétiques nationales, y compris de leurs vastes réserves de gaz de schiste. Ce point de vue est partagé par Steve Elliott, Directeur général de la CIA. Il souhaite que l’industrie chimique britannique, qui pèse 50 milliards de dollars, exploite l’énergie qui se trouve sous ses pieds plutôt que d’utiliser du gaz importé. « Les propres réserves de schiste du Royaume-Uni contribueront à obtenir des approvisionnements en gaz plus sûrs et favoriseront l’emploi et la croissance », a-t-il indiqué. « Sans cela, les importations de gaz devraient atteindre 75 % des besoins d’ici 2030. Le gaz de schiste britannique contribuera à assurer le fonctionnement des activités du pays tandis que le Royaume-Uni effectuera sa transition vers une économie verte. » Puisque c’est l’une des industries les plus importantes au monde (en 2014, son chiffre d’affaires dépassait les 5,4 milliards de dollars), l’industrie chimique a de profondes répercussions sur notre quotidien et son rôle se poursuivra dans le futur en même temps que la société s’efforce de créer un monde plus sain, plus sûr et plus durable. « Malheureusement, le mot ‘vert’ revêt différentes significations selon les gens », a affirmé Lawrence. « Certains peuvent penser qu’aucune usine chimique n’est ‘verte’ en raison du fait qu’elle traite des produits chimiques, ce qui est une mauvaise chose à leurs yeux.» L’industrie chimique est consciente de devoir modifier l’image que le grand public a d’elle si elle souhaite faire comprendre aux gens le rôle qu’elle joue dans la vie moderne. « Les industries chimiques robustes et compétitives soutiennent toutes les grandes nations industrielles du monde développé car les produits chimiques et matériaux sont les composants essentiels sur lesquels repose l’industrie manufacturière », a déclaré Steve. « Sans ses procédés et ses produits de base, la plupart des autres productions ne pourrait avoir lieu.» Il a ajouté que bien que l’industrie soit énergivore, ses produits, pendant leur durée de vie, économisaient plus du double de l’énergie nécessaire pour les produire. « Nous fournissons le futur vert », a-t-il conclu.

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LE KILOMÈTRE QUOTIDIEN GAGNE DU TERRAIN

LA VISION d’une ancienne directrice visant à faire parcourir quotidiennement à chaque enfant de chaque école du Royaume-Uni un kilomètre et demi (pour s’amuser) a franchi un cap grâce, en partie, à la Fondation GO Run For Fun. Il y a quatre ans, l’école primaire d’Elaine Wyllie, située à Stirling, en Écosse, était la seule école britannique à participer à la course qu’elle avait baptisé Le Kilomètre Quotidien. Mais aujourd’hui, sa campagne visant à produire une génération en meilleure santé et plus mince a été officiellement adoptée par le gouvernement écossais pour toutes ses écoles primaires, et de plus en plus d’écoles situées aux quatre coins du Royaume-Uni s’inscrivent tous les jours. « Nous travaillons à la construction d’un réseau national et nous savons déjà, grâce aux réseaux sociaux, que des centaines d’écoles sont en train d’y adhérer », a expliqué Ursula Heath, Responsable de Communication du groupe, qui travaille également pour la Fondation GO Run For Fun. « Nous collaborons avec Elaine et notre réseau GO Run For Fun pour transformer cette campagne en programme national », a ajouté Ursula. « C’est très palpitant de voir le projet décoller, et de savoir que nous travaillons à améliorer la santé et le bien-être des enfants britanniques pour les années à venir.» Elaine, qui est désormais à la retraite, cherche à encourager davantage de directeurs d’école à participer à la campagne. « Au final, ce sont les directeurs qui ont permis d’adopter le Kilomètre Quotidien, le CV d’enseignante et la passion exemplaires d’Elaine pour sa cause poussent d’autres personnes à adopter cette initiative », a précisé Ursula. Le 17 mars, la Fondation Daily Mile a été officiellement lancée à l’école primaire Hallfield de Westminster, Londres, avec le soutien de la Fondation GO Run For Fun. « Notre rêve est, qu’un jour, chaque enfant du Royaume-Uni puisse avoir l’occasion de courir quotidiennement à l’école », a indiqué Ursula. L’espoir immédiat est que le gouvernement britannique verra aussi les avantages liés à l’intégration du Kilomètre Quotidien au programme scolaire national comme une solution contribuant à lutter contre la crise grandissante de l’obésité au Royaume-Uni. On estime qu’un enfant sur trois au Royaume-Uni est désormais considéré comme étant en surpoids ou obèse. « Nous pensons que cette campagne peut changer la donne de manière radicale face à ce problème », a déclaré Ursula. Visitez le site web du Kilomètre Quotidien sur :www.thedailymile.co.uk. Suivez également la campagne sur Twitter @thedailymile et Facebook www.facebook.com/thedailymileforschools video

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LE CADEAU SANS FIN

PERSONNE n’aurait pu prévoir que la persévérance d’un seul et unique homme changerait le cours de l’histoire. Mais les répercussions du travail de l’ingénieur Nick Steinsberger dans le gisement de gaz de schiste de Barnett, où, il y a 20 ans de cela, il avait enfin découvert le mélange liquide parfait pour extraire du gaz du schiste situé trois kilomètres sous terre, se font toujours sentir de nos jours non seulement en Amérique, mais aussi aux quatre coins du monde. « Je n’ai pas vraiment l’impression que c’est grâce à moi et au départ, je n’aurais jamais cru cela possible » a-t-il déclaré au magazine INCH depuis son bureau de Fort Worth, Texas. « À l’époque, j’essayais juste de réussir quelque chose. Mais au fil du temps, j’ai commencé à réaliser l’ampleur de ce que nous avions réalisé et ça fait du bien de se dire qu’on a aidé le monde à s’approvisionner en gaz si bon marché. » Cette révolution, qui a été décrite comme le plus remarquable des succès en matière d’énergie de toute l’histoire américaine, a engendré d’énormes avantages pour les États-Unis. Pour l’industrie pétrochimique, l’un des plus grands consommateurs de gaz au monde. Pour l’industrie manufacturière qui a connu une renaissance. Pour les communautés les plus durement touchées par la récession. Et, chose peut-être plus surprenante, pour l’environnement. Il y a vingt ans, 250 puits avaient été creusés pour chercher du gaz de schiste et du pétrole sur le gisement de gaz de Barnett ; aujourd’hui, il y en a plus de 200 000. Pour l’industrie pétrochimique américaine, la découverte de ces vastes réserves inexploitées de gaz de schiste a été phénoménale. « Les investissements américains dans les produits chimiques liés au gaz de schiste ont désormais dépassé les 158 milliards de dollars », a affirmé Cal Dooley, Président et PDG du Conseil américain de l’industrie de la chimie. À partir du mois de janvier de cette année, 262 projets comprenant de nouvelles usines, expansions et changements de procédés pour accroître le rendement, ont été annoncés. L’industrie pétrochimique a besoin de gaz naturel pour chauffer et alimenter ses usines de fabrication Mais ce gaz n’est pas un simple carburant pour l’énergie. C’est aussi une matière première qui sert à fabriquer des milliers de produits essentiels dont nous avons tous besoin au quotidien. Sans lui, pas de plastique, de pièces automobiles, d’emballages, de médicaments, de pneus, de verre, de vêtements, ni d’écrans iPad. « On l’oublie souvent lors des débats enflammés portant sur les avantages liés à la poursuite de l’utilisation du gaz », a indiqué Greet Van Eetvelde, Directrice INEOS de la Politique en matière d’énergie et d’innovation. « De nombreux composants des énergies renouvelables, tels que les pales des éoliennes et les lubrifiants de leur boîte de vitesse, ne peuvent pas non plus être produits sans gaz ni pétrole. » Et le gaz de schiste permet de construire tous ces éléments à un bien moindre coût. « La renaissance de l’industrie chimique américaine ne fait que commencer », Kevin Swift, économiste en chef de l’« American Chemistry Council » Il écrivait lors d’un groupe de travail en fin d’année 2015 « Chemical Industry Situation and Outlook », « Les données économiques fondamentales sont solides. Les principaux marchés nationaux d’utilisation finale se sont développés, la consommation des ménages a augmenté, le marché du travail a commencé à se consolider et les ménages ont bénéficié d’économies supplémentaires grâce au plus faible coût de l’énergie. » Et INEOS, qui possède 17 sites de production aux États-Unis, profite de cette chance. Plus tard cette année, la nouvelle usine d’INEOS et de Sasol située sur le complexe de production Battleground Manufacturing Complex d’INEOS à LaPorte, au Texas, devrait commencer à devenir rentable. L’usine, qui est une société en participation détenue à 50 % par chacune des parties, sera en mesure de produire 470 000 tonnes de polyéthylène à haute densité par an pour le marché américain. Le site étant censé se développer, INEOS est également sur le point de finaliser des projets visant à investir dans un système de chauffage et d’alimentation combiné plus économe en combustible qui contribuera également à réduire les émissions de CO2. En décembre, le « Boston Consulting Group » a publié un rapport intitulé « Made In America, Again » (Fabriqué en Amérique, de nouveau). « Le nombre de sociétés relocalisant activement leur production aux États-Unis ne cesse de croître », a affirmé un porte-parole. « Les États-Unis sont d’ailleurs passés devant la Chine et font désormais office de destination la plus susceptible d’offrir de nouvelles capacités de production. » Cela s’explique en partie par un coût de l’énergie plus faible, généré par le gaz de schiste, ainsi que par une hausse des salaires en Chine. Apple, la plus grande entreprise au monde spécialisée dans la technologie, a cité ces raisons pour justifier sa décision de faire fabriquer son PC Mac Pro (décrit comme étant le Mac le plus puissant qui ait jamais été produit) au Texas. Tout a radicalement changé en une décennie. À l’époque, les États-Unis faisaient partie des pays où la production de plastique revenait le plus cher au monde. « Aujourd’hui, l’Amérique est l’un des pays les plus attractifs au monde dans lesquels investir pour la fabrication de plastique », a soutenu, l’année dernière, Steve Russell, vice-président des plastiques d’ACC. « Même suite aux récentes baisses du prix du pétrole, notre nation détient un avantage décisif. » L’Amérique cherche désormais à tirer profit de tous ces investissements et à vendre à l’échelle mondiale, une initiative décrite l’année dernière par Cal Dooley comme étant « le chemin le plus sûr vers une économie plus forte et de nouveaux emplois ». La société internationale de conseil Nexant prévoit une croissance spectaculaire dans le secteur des exportations de produits chimiques américains sur les 15 prochaines années. Dans son rapport de 2015 sur la Croissance des exportations d’alimentation en carburant, elle laissait augurer des ventes d’une valeur de 123 milliards de dollars d’ici 2030, plus du double des exportations réalisées par les fabricants de produits chimiques en 2014. Mais on note également un appétit croissant parmi les Américains pour les produits « Made in USA ». Harry Moser est à même de comprendre cela.Vétéran de l’industrie manufacturière et ancien président du fabricant d’équipements GF AgieCharmilles, il a fondé en 2010 la « Reshoring Initiative » pour aider les sociétés à reconsidérer un possible retour au pays. « J’avais observé avec consternation que de plus en plus d’emplois américains s’en allaient, d’abord au Japon, puis au Mexique, à Taïwan, en Corée et enfin en Chine », a-t-il indiqué. « Les répercussions sur l’économie américaine étaient affreuses avec la perte de millions d’emplois dans le secteur manufacturier. Les États-Unis étaient auparavant le poumon industriel du monde, et j’avais grandi en éprouvant cette fierté. » Depuis qu’il a fondé la « Reshoring Initiative », environ 1 000 sociétés sont rentrées au pays, en ramenant avec elles près de 100 000 emplois. « Je suis ravi de la réponse de la nation et de nombreuses sociétés », a-t-il avoué. « Mais malheureusement, un grand nombre D’entreprises sont toujours piégées dans un mode « achat au prix le plus bas » au lieu de tenir compte du coût total. Il faudra des décennies pour venir à bout des mentalités d’écoles de commerce. » La décision d’Apple de faire fabriquer son Mac Pro en Amérique était également due en partie au coup de pouce Made-in-USA de 100 millions de dollars donné par le PDG Tim Cook. « Nous ne voulons pas nous contenter d’assembler le Mac Pro ici », a-t-il déclaré. « Nous voulons tout faire ici. C’est important. » En janvier de cette année, le plus ancien chapelier des États-Unis, Bollman, a annoncé qu’il allait relocaliser 41 emplois de la Chine vers son usine située à Adamstown, en Pennsylvanie. Il avait lancé un appel en novembre à l’intention du grand public pour l’aider à collecter 100 000 dollars en vue d’importer 80 machines à tricoter, fabriquées en 1938, qui tissent le tissu de son fameux béret Kangol 504. Le grand public a salué l’attitude de la société et a répondu présent. « La relocalisation est la façon la plus rapide et efficace de consolider l’économie américaine car elle prouve que l’industrie manufacturière offre des carrières d’avenir », a indiqué Harry. « Et sans l’industrie manufacturière, un pays devient progressivement plus pauvre. » Mais l’industrie n’est pas la seule à avoir bénéficié de matières premières et de prix de l’énergie bon marché. Le gaz de schiste a redynamisé des communautés, y compris certaines plus durement touchées par la récession. L’Associated Petroleum Industries of Pennsylvania (association des industries pétrolières de Pennsylvanie) a déclaré que l’exploitation du gaz naturel avait permis de créer des centaines de milliers d’emplois en Pennsylvanie, avait participé à raison de 34,7 milliards de dollars annuels à l’économie de l’État et avait stimulé les bénéfices dans plus de 1 300 entreprises de toutes tailles situées en amont et en aval de la chaîne d’alimentation en énergie. « L’exploitation sûre et responsable du gaz naturel a été bénéfique pour l’économie de l’État, pour les économies locales et pour les habitants de la Pennsylvanie », a déclaré la directrice générale Stephanie Catarino Wissman. « Et nous souhaitons poursuivre sur cette voie. » À Marcus Hook, le site d’une ancienne raffinerie de pétrole brut qui avait fermé en 2011en entraînant la perte de 500 emplois, un vent d’enthousiasme souffle désormais. L’ancienne raffinerie, qui avait produit de l’essence, du diesel et du kérosène pendant 109 ans, est en train d’être métamorphosée en un centre de premier plan pour transformer et acheminer par bateau du gaz naturel liquéfié grâce à ses liens avec l’industrie des schistes de Marcellus. « Le fait que la raffinerie de Marcus Hook tournait au ralenti a été un moment difficile pour l’arrondissement de Marcus Hook, pour la famille de Sunoco et pour la région tout entière », a avoué Hank Alexander, vice-président du développement de l’entreprise Sunoco Logistics Partners LP. « Mais la ville est de nouveau en pleine effervescence, des restaurants du centre-ville aux établissements locaux des entrepreneurs. Et certains des employés qui avaient perdu leur emploi en 2011 travaillent de nouveau à l’usine. » Sunoco Logistics avait racheté l’ancienne raffinerie en 2013, dans l’intention de la relier aux schistes de Marcellus, qui fournissent désormais près de 20 % du gaz naturel d’Amérique, alors que leur production était inexistante il y a 10 ans. La direction estimait que l’infrastructure existante destinée aux bateaux, rails, camions et pipelines faisait d’elle une plaque tournante pour le gaz naturel liquéfié. « Nous souhaitions développer des entreprises de fabrication qui recréeraient des emplois et contribueraient à redynamiser l’industrie manufacturière dans la région », a indiqué Hank. « L’essor du gaz de schiste avait redonné vie à des villes telles que Marcus Hook. » Mario Giambrone est le propriétaire du restaurant « Italiano » à Marcus Hook. « Vous pouvez en parler de la manière dont vous voulez, en nombre de sandwiches et de pizzas, mais c’est une aubaine pour cette ville et mon commerce », a-t-il déclaré à l’Association des fabricants de Pennsylvanie. David Taylor est le président de cette association, qui est la principale porte-parole de l’industrie manufacturière en Pennsylvanie. « Le secteur de l’énergie a presque à lui seul maintenu l’économie de la Pennsylvanie à flot durant la récession et au cours des dernières années » a-t-il affirmé. L’exploitation de l’énergie à partir des schistes de Marcellus a également fait de la ville voisine, Williamsport, la septième région métropolitaine à plus forte croissance des États-Unis. Le Dr Vince Matteo, Président et PDG de la Chambre de commerce et de la Société des propriétés industrielles de Williamsport Lycoming, a indiqué que la grande majorité des gens de la région avaient accueilli l’essor du gaz de schiste à bras ouverts. « Ce projet changeait la donne pour notre région », a-t-il affirmé. « Je n’avais jamais rien vu de la sorte. À un moment donné, plus de 85 commerces se sont installés dans le comté, ce qui a entraîné l’ouverture d’innombrables restaurants et de quatre nouveaux hôtels. » Pendant ce temps, Williston, une ancienne ville endormie du Nord du Dakota, est soudain devenue la petite ville d’Amérique à plus forte croissance en raison de l’essor du pétrole, avec l’arrivée, là encore, de nouveaux restaurants, de nouveaux magasins et de nouvelles têtes. Les communautés ont également bénéficié des sources de revenus inattendues provenant des sociétés de forage pour extraire du gaz de schiste, ce qui leur a permis d’effectuer des améliorations qui n’auraient pas été possibles autrement. « Posséder cette source de financement a constitué un formidable essor pour nous », a affirmé Lisa Cessna, directrice générale de la Commission d’aménagement du territoire régional du comté de Washington, tout près de Pittsburgh, à l’Associated Press. « Cela a contribué à construire des quais de pêche, des terrains de jeu et des sentiers pédestres. » Elle a déclaré à l’Associated Press qu’on s’était plaint de la présence de sites de forage sur l’espace public mais que le résultat final l’avait emporté sur les points négatifs. « Vous pouvez faire en sorte que ça marche », a-t-elle ajouté. « Il va y avoir des obstacles sur la route. Certaines personnes vont s’inquiéter. Nous avons insisté sur la nécessité d’un langage juridique spécifique nous permettant de contrôler de nombreux aspects du procédé de forage. Nous approuvons chaque pipeline, plateforme d’exploitation et voie d’accès. Cela demande beaucoup de travail, mais ça en vaut la peine. Le message le plus important est de maintenir le contrôle total. » Mais la plus grande des surprises a été d’observer les effets du gaz de schiste sur l’air que nous respirons : en 2012, les émissions de CO2 d’Amérique sont tombés à leur niveau le plus bas en 20 ans. La raison ? Le gaz, qui est devenu le combustible de choix pour produire de l’électricité à la place du charbon qui émet deux fois plus de CO2. Mais malgré tous les avantages qu’il présente, tout le monde ne soutient pas le gaz de schiste, y compris parmi les personnes très haut placées. « L’animosité du Président Obama envers les combustibles fossiles l’empêche de reconnaître le plus remarquable des triomphes en matière d’énergie de toute l’histoire des États-Unis, et peut-être même du monde entier », a indiqué le Dr Mark Perry, expert auprès de l’American Enterprise Institute et professeur d’économie à l’Université du Michigan. « Mais nous avons besoin d’un président qui en soit conscient. » Le Dr Perry a affirmé que l’huile de schiste avait : Considérablement réduit la dépendance de l’Amérique envers le pétrole et le pétrole brut étranger provenant souvent de régions instables du monde. Contribué à faire baisser le prix de l’essence et avait empêché la grande récession d’empirer et de se prolonger encore plus. « La production énergétique intérieure crée des emplois aux États-Unis et engrange des redevances pour les propriétaires fonciers et des recettes fiscales pour les gouvernements et l’État, sur le plan local et fédéral», a-t-il souligné. « Et la chute du prix du gaz américain, qui est à son niveau le plus bas depuis sept ans, permettra aux consommateurs américains d’économiser plus de 100 milliards de dollars grâce au plus faible coût de l’énergie cette année. »

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TEMPS TROUBLÉS

POUR une nation ayant ouvert la voie à l’industrialisation et à la production de masse aux XVIIIe et XIXe siècles, la vérité est difficile à avaler. Pour la toute première fois, la part de l’industrie manufacturière britannique dans l’économie du Royaume-Uni a chuté à 9,4 %, le taux le plus bas jamais enregistré. Cela attriste profondément le fondateur et président d’INEOS, Jim Ratcliffe, qui a grandi dans le Nord industriel de l’Angleterre. « Nous assistons à la mort lente de l’industrie manufacturière dans ce pays », a-t-il affirmé. « Nous avons perdu la moitié de nos usines de fabrication en une seule génération. » Il y a vingt ans de cela, a-t-il ajouté, nous étions au même niveau que l’Allemagne, où l’industrie manufacturière est toujours puissante. « Cette secousse sismique dans le secteur manufacturier britannique peut sembler être une secousse mineure à Londres qui regorge de services, et dans la plupart des comtés du sud, mais il s’agit d’une bombe à retardement dans de nombreux endroits du Nord de l’Angleterre, du Pays de Galles et de l’Écosse », a-t-il soutenu. En octobre dernier, l’aciérie Redcar de Teesside a fermé définitivement, entraînant la perte de 2 200 emplois après que Sahaviriya Steel Industries UK, les propriétaires thaïlandais de l’usine, ait déposé le bilan. Dans le journal The Northern Echo, la députée travailliste Anna Turley a déclaré « C’est une tragédie humaine et industrielle ». « La métallurgie a tiré sa révérence à Teesside », a déclaré un homme qui avait travaillé dans cette usine pendant 30 ans. Dans les années soixante-dix, plus de 200 000 personnes travaillaient dans l’industrie de l’acier britannique. Aujourd’hui, le secteur en compte près de 30 000 mais leurs emplois ne sont pas sûrs. En janvier, d’autres suppressions de postes ont été annoncées. Tata Steel a confirmé 750 suppressions d’emplois à Port Talbot au Pays de Galles et une épée de Damoclès plane au-dessus de centaines d’autres employés dans ses usines de Scunthorpe, de Trostre, de Corby et d’Hartlepool. Un flot d’importations chinoises bon marché (la production d’acier étant subventionnée en Chine), la fermeté de la livre britannique et un coût de l’énergie élevé au Royaume-Uni ont été montrés du doigt. Quelle qu’en soit la raison, cette tendance est préoccupante. « Si nous souhaitons mettre un terme au déclin de l’industrie manufacturière, ou même connaître de nouveau la croissance, nous devons donner des raisons aux entreprises d’investir en Grande-Bretagne», a affirmé Jim. « Nous avons besoin d’une énergie à prix compétitif, d’une main-d’oeuvre qualifiée, d’un environnement fiscal attractif et d’un gouvernement qui souhaite mettre en oeuvre cela. » Il a ajouté que la Grande-Bretagne avait besoin de ce que les responsables de marketing appelaient les ACV, ou arguments clés de vente. « L’Allemagne possède ces choses-là», a-t-il indiqué. « Elle dispose d’une main-d’oeuvre hautement qualifiée, se trouve au coeur de l’Europe et possède une remarquable infrastructure de fabrication et des fournisseurs compétents. L’Amérique possède de l’énergie bon marché grâce à son gaz de schiste, une main-d’oeuvre qualifiée et le plus grand marché au monde. La Chine a la croissance, une main-d’oeuvre bon marché et un immense marché. » Ce n’est pas la première fois que Jim met en avant l’échec de la Grande-Bretagne à se vendre auprès d’investisseurs. Il y a trois ans, il avait mis en garde contre le fait que la Grande-Bretagne n’était pas un pays attractif pour les fabricants. Lors d’une interview donnée à Alistair Osborne, rédacteur économique du Daily Telegraph, il avait mentionné le prix élevé de l’énergie. Ce qui est compréhensible, étant donné que l’usine d’INEOS à Runcorn, qui fournit du chlore à 95 % de l’eau britannique, consomme autant d’énergie que la ville de Liverpool. Il a ajouté que le Royaume-Uni devait regarder ce qu’il avait à offrir s’il souhaitait comprendre pourquoi il était si lamentablement resté à la traîne derrière ses concurrents. « Ce serait bien si on pouvait y répondre de manière simple et précise, mais ça n’est pas le cas », a-t-il indiqué. « Pour conserver ou développer l’industrie manufacturière, on a besoin d’un flux continu d’investissement étant donné que les usines et les produits vieillissent. Les nouvelles usines et les nouveaux produits nécessitent des investissements. » La Grande-Bretagne, a-t-il soutenu, avait besoin d’énergie bon marché ou du moins, d’énergie à prix compétitif. « Nous ne pouvons pas offrir cela à l’heure actuelle. Et, avec le gaz qui s’épuise dans la mer du Nord, il est probable que la situation empire », a-t-il indiqué. « Mais nous nous trouvons au-dessus d’immenses gisements de gaz de schiste qui pourraient tout changer. » Au XVIIIe siècle, la Grande-Bretagne a bâti sa richesse sur ses réserves de charbon qui étaient abondantes et pouvaient être facilement extraites. Et cela a entraîné la révolution industrielle, dans laquelle la Grande-Bretagne occupait une place au tout premier rang. Cependant, un accès à de l’énergie bon marché n’est pas la seule chose indispensable dans l’industrie manufacturière britannique d’aujourd’hui. Jim a également souligné la nécessité d’une main-d’oeuvre qualifiée. « Nous avions auparavant d’excellents programmes d’apprentissage, établissements d’enseignement supérieur et écoles professionnelles spécialisées », a-t-il soutenu. « Mais le gouvernement a décidé que tous les jeunes devraient devenir des diplômés de l’enseignement supérieur. » Cette inquiétude est partagée par de nombreuses personnes. Un récent sondage des fabricants britanniques, publié dans l’Annual Manufacturing Report (rapport annuel sur l’industrie manufacturière) de 2016, souligne que le manque de compétences reste leur plus grande crainte. « Pour parler franchement, notre système éducatif ne remplit pas sa mission envers nos jeunes et crée, par conséquent, des problèmes pour l’industrie », a indiqué Callum Bentley, rédacteur en chef de The Manufacturer. « Personne ne s’attend à ce qu’un jeune au teint frais ait les compétences et l’expérience d’un vétéran, mais le problème, c’est que les jeunes sont mal préparés pour entrer sur le marché du travail et que cela dure depuis des décennies », a-t-il ajouté. « Plus cela continuera dans la durée, plus cela compromettra notre compétitivité. Le manque de compréhension entre les écoles et les lieux de travail doit être corrigé, dans l’intérêt de notre secteur manufacturier et de nos employés. » Jim a souligné qu’il avait été « ravi » d’entendre parler de la Northern Powerhouse, une initiative gouvernementale visant à corriger le déséquilibre économique entre le Nord et le Sud, et a décrit l’actuel gouvernement conservateur du Royaume-Uni comme le gouvernement le plus en faveur de l’industrie manufacturière depuis de nombreuses années. Mais il a ajouté que pour changer réellement la donne, la Grande-Bretagne devait attirer des investisseurs. « Les investisseurs peuvent se permettre d’être très ‘sélectifs’ dans le monde fortement concurrentiel d’aujourd’hui », a-t-il affirmé. « INEOS a choisi d’investir la plupart de son capital aux États-Unis. De nombreuses autres sociétés ont opté pour l’Extrême-Orient. » Jim a lancé un appel au gouvernement britannique pour qu’il offre des amortissements fiscalement autorisés à hauteur de 100 % pour les dépenses d’investissement manufacturier et un taux d’imposition à un chiffre pour l’industrie manufacturière. « À l’ère de la mondialisation, les décisions en matière d’investissement sont toujours comparées et opposées à d’autres lieux à l’étranger. Le Royaume-Uni n’est actuellement pas ciblé par les investissements dans le secteur manufacturier car il manque d’Arguments Clés de Vente (ACV).» À la fin de l’année dernière, ResPublica, un groupe de réflexion indépendant et apolitique basé à Westminster, a affirmé qu’une explosion des exportations était nécessaire pour redynamiser l’industrie manufacturière britannique et éloigner l’économie d’une « dangereuse dépendance à l’égard du secteur tertiaire ». Le directeur Phillip Bond a déclaré que le fait que des étrangers achetaient des biens immobiliers britanniques avait entraîné une appréciation de la livre sterling, ce qui avait rendu les exportations plus compliquées pour les fabricants. « Le récent effondrement de l’industrie de l’acier britannique a souligné le fait inquiétant que notre économie est bien trop tributaire des services et des financements extérieurs », a-t-il indiqué. « La croissance doit venir du secteur manufacturier, trop longtemps négligé, dont les exportations ont été frappées par une livre forte. La livre sterling a un rôle de premier plan à jouer pour aider les exportations et nous devons nous pencher sur le problème des taux de change défavorables pour les sociétés britanniques. » Jim serait aussi de cet avis. « Toute économie équilibrée doit refléter dans une certaine mesure la façon dont ses habitants dépensent l’argent qu’ils ont dans leurs poches.Si les habitants achètent « certaines choses » avec leur salaire, nous devons fabriquer « ces choses » dans notre économie domestique. Dans le cas contraire, nous devons faire venir tous les produits manufacturés depuis l’étranger et les payer dans des devises étrangères. » LA GRANDE-BRETAGNE DOIT SE RÉINDUSTRIALISER UN ANCIEN journaliste du Financial Times a déclaré que le président d’INEOS, Jim Ratcliffe, avait raison d’être préoccupé par la situation de l’industrie manufacturière au Royaume-Uni. Peter Marsh a affirmé que l’industrie de l’acier comme l’industrie chimique avaient été confrontées à de graves problèmes. « La désindustrialisation (la part décroissante de l’industrie manufacturière dans la production économique du Royaume-Uni) est allée assez loin », a-t-il souligné. « Si nous souhaitons mettre en place une croissance économique durable et améliorer le niveau de vie, la Grande-Bretagne doit se réindustrialiser. » Mais M. Marsh, ancien rédacteur du FT spécialisé dans le secteur de l’industrie manufacturière, a indiqué que bien que la Grande-Bretagne ait perdu du terrain, elle restait toujours un grand fabricant de produits de niche, tels que les instruments d’analyse spécialisés, et d’articles non importables. « Ça peut aller des produits alimentaires aux matelas et aux matériaux de construction », a-t-il précisé. Selon les tout derniers chiffres des Nations Unies, la Grande-Bretagne est le 10e plus grand fabricant, et réalise près de 2 % des produits manufacturés du monde, alors qu’en 1895, elle produisait 18 % de l’ensemble des marchandises. « La Grande-Bretagne n’est plus aussi importante qu’elle l’était, mais pour un pays représentant 1 pour cent de la population mondiale, elle joue quand même dans la cour des grands », a-t-il indiqué. « La Chine est partie d’une position modeste au cours des 20 dernières années et est désormais responsable de près de 20 % de l’ensemble des produits manufacturés. Mais elle possède aussi 20 % de la population mondiale. » M. Marsh est maintenant un maître de conférences et l’auteur de The New Industrial Revolution: Consumers Globalization and the End of Mass Production (la nouvelle révolution industrielle : mondialisation de la consommation et la fin de la production de masse). Récemment, il a également créé un site web pour l’industrie manufacturière britannique. www.madeherenow.com

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LA VICTOIRE APPARTIENT AUX AUDACIEUX

LE monde vient d’être témoin d’un moment clé de l’histoire de l’industrie pétrochimique. Ces cargaisons d’éthane liquéfié, qui ont finalement été déchargées en mars à Rafnes en Norvège, donneront un second souffle aux entreprises européennes d’INEOS. Mais oubliez les années, les plusieurs millions d’heures de travail et les 5 000 ouvriers nécessaires à la construction des deux premiers « Dragon Ships » transportant cette précieuse cargaison. Car ces navires ne forment qu’une partie de cette histoire incroyablement inspirante dont l’envergure est mondiale et la vision innovante. C’est aussi une histoire qui a été qualifiée de pure fantaisie par de nombreuses personnes des deux côtés de l’Atlantique. « Cela n’avait jamais été fait et de nombreuses personnes soutenaient que ce serait impossible à réaliser », a déclaré Chad Stephens, vice-président directeur du développement de l’entreprise Range Resources, qui approvisionne INEOS en gaz. L’arrivée de ces navires de calibre mondial, qui ont été construits en Chine, annonce une nouvelle ère dans le transport du gaz éthane. « Assister à des moments révolutionnant notre industrie n’arrive pas tous les jours, mais ce moment en était un », a affirmé Peter Clarkson, directeur des relations avec les investisseurs chez INEOS. Les effets positifs que cet éthane au prix compétitif offrira aux entreprises pétrochimiques européennes d’INEOS sont remarquables, aussi bien en termes d’énergie que de matières premières. INEOS l’utilisera pour alimenter ses usines en le transformant en éthylène, l’un des produits pétrochimiques les plus importants au monde. « Acheminer du gaz éthane américain vers l’Europe sauvegardera nos ressources pétrochimiques en Europe pendant de nombreuses années », a affirmé John McNally, PDG d’INEOS Olefins & Polymers UK. Mais l’histoire a réellement débuté il y a six ans lorsqu’INEOS a osé penser l’impensable. En 2010, l’Europe était durement touchée par les retombées de la crise financière. Le prix de l’énergie était plus élevé que jamais et les réserves de gaz de la mer du Nord se réduisaient. En Amérique, une révolution était en marche. Le gaz de schiste avait entraîné un faible coût de l’énergie et des matières premières, ce qui avait redynamisé l’industrie manufacturière. Mais l’Amérique avait un problème. Elle disposait de tellement d’éthane qu’elle ne savait plus quoi en faire. Un plan fut élaboré dans les bureaux d’INEOS à Rolle, en Suisse, en vue de créer un pipeline virtuel transatlantique et d’acheminer le gaz dont elle avait désespérément besoin pour assurer l’avenir de ses craqueurs européens. Mais comment INEOS s’y prendrait-elle ? Personne n’avait rien tenté à cette échelle auparavant. Il était impossible d’acheminer le gaz des puits de schiste situés dans le sud-ouest de la Pennsylvanie jusqu’à Philadelphie, située à quelque 500 kilomètres de là, sur la côte Est des États-Unis. Il n’existait aucun service d’exportation aux États-Unis et personne n’avait jamais tenté d’acheminer du gaz éthane par bateau en de si grandes quantités. Aux yeux du président d’INEOS, Jim Ratcliffe, rien de tout cela n’avait d’importance. « Les gens disaient que l’on ne réussirait pas », a indiqué ce dernier. « Mais chez INEOS, nous avons toujours cru que rien n’était impossible. » Tandis qu’INEOS défendait ses projets ambitieux et rassemblait une équipe de partenaires internationaux, couvrant trois continents, d’autres observaient et attendaient. « La technologie n’existait pas, alors nous avons dû la créer », a déclaré Andy Currie, directeur d’INEOS. David Thompson, directeur INEOS de l’exploitation du commerce et du transport maritime, était chargé de la supervision du projet. « C’est tout simplement l’un des projets d’ingénierie les plus importants au monde », a-t-il affirmé. « Nous sommes des pionniers dans ce domaine. Nous avons participé aux pipelines, au fractionnement, aux terminaux, aux infrastructures et aux navires. Nous avons dû tout faire. » Ce projet audacieux et innovant est devenu une réalité. Pour y parvenir, INEOS a conclu des accords sur 15 ans avec des fournisseurs d’éthane, dont Range Resources pour fournir le gaz, MarkWest pour transformer le gaz et Sunoco pour l’acheminer sur des centaines de kilomètres jusqu’au complexe industriel de Marcus Hook où il sera refroidi à moins 140 degrés Fahrenheit avant d’être transporté par bateau en Norvège et, plus tard dans l’année, à Grangemouth en Écosse. Personne participant au projet n’avait de doutes. Ce n’était pas un problème, mais une chance à saisir, une opportunité de sauvegarder l’avenir des entreprises en Europe et de donner un second souffle aux communautés d’Amérique autrefois prospères. En Amérique, on commença à transformer un ancien oléoduc pour acheminer l’éthane sur la plus grande partie de son voyage entre les Schistes de Marcellus et Marcus Hook, (une raffinerie de pétrole et de gaz autrefois débordante d’activité qui avait fermé en 2011). Sunoco, qui possédait toujours la raffinerie en déclin, commença à injecter des milliards de dollars pour la transformer en un centre de production chimique, de stockage et de distribution de gaz afin de permettre aux « Dragon Ships » de la flotte Ineos d’être chargés de cargaisons. Par ailleurs, 80 kilomètres de nouveaux tuyaux étaient posés et une nouvelle station de pompage était installée. En Europe, INEOS conclut un partenariat avec le géant danois du transport maritime Evergas afin de concevoir des navires en mesure de remplir une mission aussi titanesque. « C’était une tâche énorme mais Evergas pouvait comprendre mieux que quiconque les implications d’un transport d’éthane dans les volumes recherchés par INEOS sur de telles distances », a indiqué Chad. Evergas l’avait effectivement compris. « Des navires compatibles avec l’éthane existaient déjà », a déclaré le PDG Steffen Jacobsen. « Mais Evergas, avec l’aide de ses nombreuses parties prenantes, a créé les transporteurs d’éthane les plus grands et sophistiqués existant à ce jour. Cette vision ambitieuse d’INEOS et d’Evergas a permis de concrétiser ce projet de transport maritime. » À Hambourg, en Allemagne, HSVA a travaillé sur une coque optimisée pour répondre aux besoins spécifiques inhérents au transport d’éthane et Wartsila en Finlande a inventé des moteurs en mesure de tourner entièrement à l’éthane, ce qui a non seulement permis de gagner de la place pour les marchandises, mais a aussi réduit les émissions. Une fois les plans achevés, Sinopacific Offshore and Engineering, l’un des plus grands constructeurs de navires au monde, a assemblé la dernière pièce du puzzle, en construisant les navires. Tandis que les travaux débutaient en Chine, TGE Gas Engineering, l’un des leaders mondiaux dans les projets relatifs au stockage du gaz, commença à construire un nouveau réservoir de stockage d’éthane ainsi qu’une nouvelle infrastructure sur le site INEOS de Rafnes lui permettant d’importer de l’éthane en provenance des gisements de gaz de schiste situés en Amérique du Nord. La construction de nouvelles structures de transport maritime et de stockage débuta aussi pour assurer les importations d’éthane vers l’usine INEOS de Grangemouth. Pour le personnel de Grangemouth, après des mois d’incertitude, l’optimisme était de nouveau au rendez-vous. Car peu de mois auparavant, cette usine pétrochimique déficitaire avait été menacée de fermeture lors d’un conflit social fort durant lequel le personnel avait rejeté dans un premier temps le plan de survie de la société. Un accord finit par ouvrir la voie à un investissement de grande envergure et à une garantie de prêt de 230 millions de livres sterling de la part du gouvernement britannique. Résultat : INEOS a pu se procurer l’argent dont elle avait besoin pour construire l’un des plus grands réservoirs de stockage d’éthane en Europe. Une fois construit, le craqueur d’éthylène serait en mesure de doubler sa production. Cela a été une tâche titanesque. Mais, alors qu’il se tenait sur le pont du premier navire « Dragon Ship », judicieusement appelé INEOS Ingenuity, Jim ne pouvait dissimuler sa joie. « Assister à la concrétisation d’un projet est une chose merveilleuse » a-t-il déclaré. « Accomplir quelque chose que personne d’autre n’avait fait auparavant rend très fier. »  

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POURQUOI LE GAZ DE SCHISTE DES ÉTATS-UNIS A DU SUCCÈS MÊME AVEC DU PÉTROLE À 30 $

L’EFFONDREMENT du prix du pétrole ne dérange pas INEOS, qui vient tout juste d’investir 2 milliards de dollars dans le transport du gaz de schiste américain vers l’Europe. Tom Crotty, directeur de communication du groupe INEOS, a souligné que les personnes étrangères à la société avaient douté de la viabilité du projet visant à importer du gaz américain alors que le prix du pétrole était actuellement très bas. Mais il a ajouté que cela n’avait pas d’importance, car INEOS possédait des installations de craquage pour gaz et pétrole. « En ce qui nous concerne, le fait que le prix du pétrole soit actuellement bas n’a eu aucune répercussion sur la viabilité de notre projet consistant à transporter ce gaz depuis l’Amérique », a-t-il affirmé. « Au contraire, cela a amélioré la rentabilité de nos installations de craquage pour pétrole. » Tom a souligné que certains commentaires étaient infondés. « Certaines personnes ont soutenu que les sociétés telles qu’INEOS devaient avoir perdu la tête pour transporter de l’éthane depuis les États-Unis alors que le prix du pétrole était extrêmement bas, mais elles se trompent », a-t-il ajouté. « Quand on dispose d’un craqueur de gaz, on ne peut pas utiliser de naphta. On doit utiliser du gaz. Le problème n’est donc pas de choisir entre le gaz et le naphta, mais entre le gaz et le gaz. » La disponibilité de l’éthane bon marché, un gaz naturel dérivé du gaz de schiste, a redynamisé l’industrie chimique américaine et lui a offert un avantage sur de nombreux concurrents du monde entier qui dépendent du naphta, une matière première plus chère à base de pétrole. Mais avec la chute du prix du pétrole, cet avantage s’est restreint. « L’industrie pétrochimique européenne s’en est très très bien sortie à la suite de la chute du prix du pétrole, car le prix du naphta a connu une baisse spectaculaire », a expliqué Tom. « Les craqueurs de naphta ont donc connu un retour spectaculaire des marges bénéficiaires. Si vous possédez les deux types de craqueurs, comme nous, alors vous avez toutes les raisons d’être extrêmement heureux. » INEOS, qui a besoin de gaz éthane pour ses craqueurs en Norvège et à Grangemouth, a déclaré que cela lui revenait toujours moins cher d’importer du gaz depuis les États-Unis que de l’acheter en Europe. « L’autre problème, c’est que l’on ne peut pas obtenir de gaz en Europe », a indiqué Tom. « Notre craqueur de Grangemouth fonctionne à un régime de 40 % depuis les trois dernières années car nous ne disposons pas d’éthane. L’éthane s’épuise rapidement dans la mer du Nord. Donc, le choix est très simple. Vous avez besoin d’exploiter un craqueur ou pas. » UNE UNITÉ PROVISOIREMENT FERMÉE SUR LE POINT DE ROUVRIR UNE UNITÉ DE PRODUCTION sur le site d’INEOS situé à Grangemouth est sur le point de rouvrir huit ans après sa fermeture provisoire. L’usine a passé avec succès des essais rigoureux de remise en service afin de se préparer à l’arrivée de l’éthane issu du gaz de schiste américain. INEOS a annoncé la nouvelle peu de temps après que la première cargaison de gaz de schiste américain fut arrivée à son craqueur de gaz voisin de Rafnes, en Norvège. Les premières livraisons à Grangemouth sont prévues pour l’automne. « Nous sommes désormais fin prêts à exploiter l’usine de Grangemouth à plein régime », a affirmé Gordon Milne directeur des opérations INEOS à Grangemouth. INEOS n’a pas eu d’autre choix que de fermer, en 2008, la deuxième unité de production sur le site du craqueur d’éthylène KG car la société ne pouvait pas l’exploiter à plein régime. L’arrivée d’éthane américain change la donne. « Lorsque le gaz sera enfin arrivé ici, cette usine occupera une place de premier ordre parmi les usines pétrochimiques européennes », a déclaré Gordon. Le gaz américain liquéfié sera stocké dans un réservoir d’éthane spécialement conçu à cet effet (le plus grand d’Europe) et compensera la diminution des réserves de la mer du Nord.

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CULTURE DES JEUNES

COMME supporteur, INEOS est dans une classe à part. Mais ce n’est pas le propre jugement d’INEOS; c’est ce qui se dit sur le terrain, où INEOS fait tout son possible pour contribuer à développer un vif intérêt pour le sport, notamment parmi les jeunes. Et dans n’importe quel sport. Le hockey sur glace. Le football. Le rugby. La course. Et dans chacun des pays où elle a des activités. Les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, la Suisse et la Belgique. « INEOS a révolutionné notre club », a déclaré Sacha Weibel, PDG du club de hockey de Lausanne. « Nous sommes désormais en première division et notre équipe est l’une des 10 meilleures du pays.» INEOS a contacté le club en 2010, l’année au cours de laquelle la société a muté 80 familles et transféré son siège social du Royaume-Uni à Rolle, en Suisse. « Ils souhaitaient faire partie de la communauté, ce qui était merveilleux », a commenté Sacha. « Si seulement plus de gens partageaient cette façon de penser. » Mais la société n’a pas simplement proposé une aide financière. « INEOS souhaitait être totalement impliquée », a ajouté Sacha. Cela nécessitait d’assister régulièrement aux matches ayant lieu dans le stade de 8 000 places et d’organiser ses propres matches amicaux avant la saison officielle du club. Sont-ils doués ? « Non, ils sont nuls », a-t-il avoué en souriant. « Mais il fallait s’y attendre. Ici, les enfants patinent dès qu’ils savent marcher. » Le hockey sur glace est le sport qui attire le plus de spectateurs en Suisse et l’un des sports les plus difficiles à maîtriser. On ne doit pas seulement savoir bien patiner, les concurrents doivent également être capables de courir, tirer, passer et bloquer des tirs à grande vitesse. INEOS a beau ne pas être à la hauteur sur la glace, hors de la patinoire, le soutien de l’entreprise s’est révélé inestimable. « Ça nous a vraiment aidés à transformer la société tout entière », a indiqué Sacha. Au cours des quatre dernières années, le club a connu un retour spectaculaire et joue désormais dans le hockey suisse de haut niveau. Et à chaque nouvelle saison, il s’améliore. « C’est vraiment stimulant de travailler avec INEOS », a confié Sacha. « Leur façon de fonctionner déteint sur nous tous.» Bien entendu, ça ne s’arrête pas là. En tant que société, INEOS fabrique également les produits chimiques de base que l’on peut trouver dans les casques et crosses de hockey et qui permettent aux patinoires de rester gelées. INEOS est aussi une grande supportrice des clubs de sport dans lesquels ses propres employés, ou les enfants de ces derniers, passent leur temps libre à s’entraîner, à enseigner ou à jouer. « Nous sommes toujours fiers de nos employés qui s’investissent activement au sein des clubs pour aider d’autres personnes », a indiqué le Dr Anne-Gret Iturriaga Abarzua, responsable du service de communication chez INEOS Cologne. En janvier, le site s’est associé à l’un des plus grands clubs sportifs d’Allemagne. Son travail consistera en partie, avec l’aide de l’ASV Cologne, d’organiser les événements GO Run For Fun de juin. La course GO Run For Fun inspirée par INEOS est désormais devenue une campagne mondiale en faveur de la course. Plus de 1 000 écoles du Royaume-Uni, du continent européen et des États-Unis ont organisé une course sur 2 km grâce à l’investissement initial d’INEOS s’élevant à 1,5 million de livres sterling (soit 1,9 million d’euros ou 2,5 millions de dollars). Et ce travail visant à inculquer une approche saine face à l’exercice physique et à la nutrition se poursuit. Anne-Gret a indiqué qu’INEOS apportait son aide financière à d’innombrables clubs de sport pour enfants se trouvant à proximité du site de Cologne. « INEOS aime soutenir ceux qui souhaitent donner un coup de main à la communauté », a-t-elle affirmé. Bill Faulds, qui dirige l’équipe de rugby des moins de 16 ans de Falkirk en Écosse, Royaume-Uni, est présent par tous les temps. Le Responsable technique des infrastructures du site de Grangemouth d’INEOS est lié au club depuis 1985, alors qu’il était étudiant. Aujourd’hui, il passe jusqu’à trois soirs par semaine à entraîner les jeunes. « C’est si gratifiant de voir les enfants développer leurs compétences et leur confiance », a-t-il confié. « Et INEOS nous a été d’un grand soutien en nous offrant une subvention annuelle, en lien avec le temps que je consacrais à l’équipe. Leur soutien nous a permis d’acheter du matériel d’entraînement. » INEOS trouvera toujours des moyens de soutenir ceux qui défendent le sport et comprennent combien il joue un rôle important dans le développement des jeunes. Comme l’ancien Président des États-Unis John F Kennedy l’a dit: « L’activité physique est non seulement l’un des piliers les plus importants pour avoir un corps en bonne santé, mais c’est aussi la base d’une activité intellectuelle dynamique et créative. »

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